mardi 30 janvier 2018

Riga - Jour 2 - Partie 2 - Suivez le guide

C'est bientôt midi, l'heure à laquelle commence le Free guided tour, pour lequel nous avons rendez vous devant l'église Saint Pierre. C'est devenu un peu une tradition pendant mes voyages...
Et pas seulement pour moi, car on est assez nombreux à attendre devant la porte de l'église. Il y a même plusieurs agences de guides dont certains proposent leur service pour 11€.


Le vrai Free guided tour est facile à repérer, c'est celui qui a une vielle valise en carton jaune toute pourrie! Il y assez de monde pour faire 2 groupes, ce qui tombe bien car il y a deux guides. Le notre sera ce jeune garçon barbu et tatoué, Krystof.
Suivez le guide ça commence!


On commence par contourner l'église pour nous engouffrer dans une cour intérieure où se trouve la reproduction de la muraille qui entourait la vieille ville au moyen age. Puis nous continuons la visite par des rues quelconques et nous passons devant l'auberge de jeunesse d'où partaient jadis le Free guided tour et qui organise celui-ci.


Le passage souterrain nous permet d'accéder à l'entrée du grand marché central (avec en toile de fond des musiciens indiens d'Amérique qui jouent la musique de Super Mario... va comprendre!). Les 5 énormes hangars à Zeppelin ont été rachetés aux allemands dans les années 30 pour héberger le marché central de la ville, qui est devenu depuis un lieu emblématique de Riga.


Nous sommes du côté de la "ville basse", c'est à dire à l'extérieur des anciennes fortifications qui entouraient la ville de Riga, et donc dans la partie réservée jadis au petit peuple, alors que les riches bourgeois allemands habitaient dans la ville haute, de l'autre côté de la muraille.
Ce qui fit la fortune de Riga, ce fut sa position stratégique sur les routes qui reliaient la Russie et l'Europe...


Mais revenons à nos affaires. Nous sommes samedi, et c'est donc jour de marché dans le marché central. Les lettons mangent beaucoup de légumes, et surtout de champignons qui pullulent dans les forêts du pays. Et il n'est pas rare qu'en été on croise dans les forêts des gens qui se baladent le panier à la main à la recherche de champignons, mais aussi de fruits rouges, myrtilles et framboises. D'ailleurs je crois que j'en ai aperçu sur le marché, avec un petit panneau 'Latvia' pour rassurer sur la provenance du produit...


Au printemps, on boit traditionnellement un genre de boisson à base de sève d'érable, que nous ne pourrons malheureusement pas goûter.


Et puis bien entendu, toute une partie du hangar est destinée au poisson fumé de toute sorte, spécialité du pays...
A l'extérieur des hangars, il y a les vendeurs de vêtements et objets divers, ce qui mène à une surface globale de 16000 m² pour le marché.


Éloignons nous maintenant du marché pour aller vers d'anciens entrepôts de brique, utilisés jadis pour décharger les bateaux de leur cargaison en vue de la vente sur le marché. Ils ont été récemment réhabilités en salle de concert et restaurant, et des animations sont d'ailleurs en train de se préparer pour la fête de la ville ce soir...


Juste derrière se trouve un mur entouré de fils barbelés. C'est là que se trouve le musée de l'holocauste, qui est malheureusement fermé en ce moment.
C'est l'occasion pour Krystof de nous en dire un peu plus sur l'Histoire de son pays. La Lettonie acquiert son indépendance dans les années 1920, mais la démocratie fut de courte durée car un dictateur, Karlis Ulmanis, prit peu à peu le pouvoir. Alors qu'Hitler menaçait de plus en plus d'envahir le pays, et comme le pays n'avait pas les moyens de lui résister, Ulmanis décida de s'allier à l'URSS en demandant la protection de Staline. Le petit père des peuples vit là une bonne occasion pour prendre peu à peu le contrôle de la Lettonie: après des élections truquées, ce fut alors les années noires de 1940/1941, où l'on envoya tous ceux qui n'étaient pas contents au goulag en Sibérie (plus de 70000 personnes).



Autant dire que les Nazis qui envahirent le pays en 1941, furent presque accueillis en libérateurs, mais ce fut de courte durée car la déportation (des juifs cette fois-ci) commença.
C'est à cet endroit même que se situait le ghetto où les juifs étaient regroupés avant d'être envoyés dans les camps d'extermination.
Krystof nous raconte l'histoire de ce jeune homme letton engagé dans l'armée nazi, et qui aida 60 personnes à s'échapper du ghetto et à se cacher.


On continue notre balade dans ce quartier calme et un peu mort en se rendant devant une jolie église bleue cachée entre plusieurs immeubles: l'église luthérienne de Jésus.
Elle a la particularité d'être restée construite entièrement en bois, bien qu'elle ai brûlé 3 fois, tout comme le quartier qui jadis possédait plein de maisons de bois.


En effet, ce quartier était habité par des gens simples: ouvriers et artisans, qui habitaient donc de simples maisons construites dans un matériau bon marché.
Il y avait aussi une autre raison pour laquelle les maisons du quartier devaient être en bois: il était prévu que, en cas d'attaque de la ville, le quartier puisse être facilement rasé pour se transformer en champ de bataille, les familles ayant été évacuées à l'intérieur des remparts de la ville.


C'est ce qui arriva quand les armées napoléoniennes traversèrent le pays durant la campagne de Russie. Quand les soldats lettons aperçurent un gros nuage de fumée à l'horizon (annonçant les armées françaises), ils rasèrent comme prévu les quartiers alentours, se préparant à la bataille... pour s'apercevoir que le nuage en question n'était qu'un troupeau de mouton passant au loin. Les armées de Napoléon, elles, avaient soigneusement évité la ville en traversant le pays plus au sud... c'est balot!


On profita donc de l'espace libéré pour reconstruire le quartier avec plus de parcs et cette fois-ci des bâtiments de pierre pour les ouvriers... sauf pour cette église bien sûr, et pour quelques autres petites maisons abandonnées que l'on aperçoit...


On passe bien entendu devant le grand building du palais de la culture et de la science, "cadeau" de l'URSS à son voisin et ami letton. Il devait être construit pour les 80 ans de Staline et dédié à accueillir les paysans travaillant dans les Kolkhoze lorsque ceux-ci venaient à la capitale.
Staline mourut avant l'inauguration et Kroutchev décida d'en faire un bâtiment dédié à la technologie.
Il abrite aujourd'hui des bureaux privés.


Nous retournons maintenant dans la "ville haute" en traversant la gare des trains (qui date de l'ère soviétique), l'occasion pour notre guide de nous indiquer quel train prendre pour aller visiter la région, et notamment Jurmala... ça tombe bien, je comptais justement y aller un de ces jours!
Dans le futur, il est prévu de faire un TGV qui reliera Riga à Vilnius et Tallinn, permettant de relier un peu plus les 3 pays baltes...


Nous voilà dans la cour intérieure du Berga Bazaar , du nom de l'architecte monsieur Berg qui construisit tous les édifices de ce pâté de maison dans l'idée d'en faire un ensemble de magasins et cafés organisés autour de cours intérieures, à l'écart de la ville. Berg n'était pas son vrai nom: il était letton mais comme cela se faisait couramment à l'époque, il a adopté un nom germanique pour être accepté parmi la société bourgeoise de la ville haute.


Pas loin de là se trouve le parc Vermanès (où nous sommes déjà passé hier soir), où il y a plein d'animations et de stands de nourriture. Je le sais déjà mais je laisse le guide raconter que le parc fut le premier parc public de la ville, suite au souhait d'une riche veuve qui en a fit cadeau aux habitants...


Et voilà enfin de monument de la liberté, qui est un peu l'Arc de Triomphe de Riga. Tout en haut de cette colonne, il y a Milda, la déesse de la liberté qui brandit les 3 étoiles représentant les 3 régions qui constituaient la Lettonie en 1935, quand le monument fut érigé. A cette époque, il représentait la liberté retrouvée du tout jeune pays au lendemain de l'indépendance.
Pourtant, lors de l'occupation soviétique, on préféra - plutôt que de détruire le monument - lui donner une autre signification: la statue représentait alors la mère Russie tenant dans ses mains les 3 étoiles des pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie).


Hier je n'avais pas remarqué les 2 soldats qui gardent en permanence le monument . Y'a vraiment des métiers à la con...
"Tu fais quoi comme boulot?" "Je reste toute la journée debout au soleil devant un monument sans bouger."


Nous voici déjà arrivés au dernier arrêt de notre visite de 2 heures: le parc de l'esplanade.
Il est 14h passé, il est temps de laisser un petit pourboire à Krystof et d'écouter ses quelques derniers conseils concernant le déjeuner.
Et puis je retrouve ma liberté...

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samedi 27 janvier 2018

Riga - Jour 2 - Partie 1 - De haut en bas

J'avais bien besoin du bonne nuit de sommeil! Et j'ai très bien dormi dans ce lit, pas besoin de mettre le réveil pour être debout à l'heure...
Elina est dans la cuisine et me prépare un thé "russe" à la menthe accompagné de quelques biscuits. Un petit petit déjeuner, mais cela me suffira bien...
A la radio, du Joe Dassin: "A toi..."


Je végète un peu avant de me décider à sortir à 9h30...
Coucou les chiens! Bonne journée!


Et vous aussi messieurs les pêcheurs du parc de l'esplanade: bonne journée!
Moi je me dirige direct vers la vieille ville historique, où je n'ai même pas mis les pieds hier soir, pris d'une grosse faim et d'une grosse fatigue...


Le soleil joue avec les murs des élégantes façades des maisons...
Mais je n'ai pas beaucoup le temps de jouer. Je sais où je vais et je me rends donc d'un pas décidé vers l'église luthérienne de Riga, l'église Saint Pierre.
D'ailleurs voilà son clocher, juste devant nous.


Ici aussi on prépare la fête de Riga de ce week end. C'est un genre de petit village du moyen age avec divers étals: épées, fourrures, démonstration de tir à l'arc. Pour l'instant tout n'est pas prêt: on tâchera de repasser plus tard...


Il y a aussi ce grand parterre de fleurs jaunes, propice à de superbes photos. Ces touristes chinois ne s'y trompent pas!
Mais ne nous laissons pas distraire...


... car notre vrai destination, c'est l'église Saint Pierre.
Depuis 800 ans, on peut monter jusqu'en haut de sa tour de 123 mètres pour admirer une vue unique sur la ville.



Il parait qu'en 1667, des ouvriers jetèrent un morceau de verre du haut de la flèche et que celui ci toucha le sol sans se briser (bon bien sûr il avait atterri sur de la paille).Ce fut de mauvaise augure pour l'église qui brûla moins d'un an après. On répéta l'opération après la seconde guerre mondiale et cette fois ci c'est bon, le verre se brisa...
Bon allez, on monte?


Et hop! Nous y voilà déjà!
Mais il va falloir jouer des coudes pour s'approcher du bord, avec tous ces touristes qui après s'être entassés dans le petit ascenseur se pressent pour être celui qui prendra la meilleure photo...


Mais c'est vrai que la vue sur l'horizon est très belle.
D'ici, on aperçoit les toits entremêlés de la vieille ville, avec la tour de la cathédrale qui est en réparation...


On peut jeter un œil tout en bas au pied de l'église, sur la place où se trouve la maison des têtes noires, et où les touristes arrivent peu à peu...


Là bas au fond, c'est la tour poudrière, seule tour rescapée des fortifications qui entouraient jadis la vieille ville du moyen age (il y avait alors 18 tours).


On ne peut pas distinguer toutes les maisons anciennes qui jalonnent le centre historique, mais déjà en en voyant les toits pentus qui se dressent on peut en imaginer la beauté...


De l'autre côté du fleuve, voilà la fameuse bibliothèque nationale de Lettonie, avec sa forme bien particulière de montagne coupée en 2. Elle est toute neuve car elle fut terminée en 2014.


Et là, à gauche, voici la tour de la télévision et plus près les 4 hangars tout ronds qui renferment le grand marché de Riga. Les bâtiments sont des anciens hangars à Zeppelin allemands qui ont été réutilisés ici.


On aperçoit aussi la haute tour du palais de la Culture et des Sciences, qui ressemble vaguement à l'Empire State Building. C'est un cadeau de Staline à la république Lettone (il y a le même genre de bâtiment à Varsovie), qui s'en serait bien passé...


De l'autre côté, voici les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe russe, et derrière le grand hotel Radison Blue.



Et puis enfin le monument de la liberté, que nous avons déjà entrevu hier. A l'époque soviétique, déposer des fleurs devant le monument vous emmenait directement en prison.
Donc voilà! On a fait le tour de la ville! On n'a plus besoin de visiter Riga, on peut rentrer à Paris on a tout vu!


Mais noooooon! On va commencer par redescendre et faire le tour de l'intérieur de l'église. Comme dans beaucoup d'églises gothiques reconverties par les protestants, toutes les statues et icones ont été détruites, mais il reste quelques éléments par-ci par-là: de grands blasons de chevaliers, des pierres tombales, etc...


L'église a été depuis reconvertie en hall d'exposition d'Art, on va en faire un petit tour vite fait...


Alors, si il fallait choisir un tableau parmi ceux exposés, ce serait celui là: on dirait un genre de tête d'oiseau coloré, un hibou ou je ne sais quoi...


Il est temps de continuer notre balade à l'extérieur, où le soleil est de la partie.
Nous voici sur l'une des places les plus photographiées de la ville: celle où se trouve la Maison des têtes noires.


Il s'agit de ces deux bâtiments de brique orange, qui a été construite en 1344 par la riche guilde de marchands des Têtes Noires, constitué de riches marchands allemands célibataires. Je crois qu'il y a une maison analogue construite par la même guilde à Tallinn.


Détruite pendant la seconde guerre mondiales, la maison a été entièrement reconstruite à l'identique en 2001.
Je sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve qu'elle fait un peu... Disneyland, avec ses briques toutes neuves et sa peinture flashy.
Et en plus, il n'y a rien à visiter à l'intérieur: la maison est juste là pour la photo!


Franchement ce n'est pas l'endroit que je préfère à Riga, même si ça semble être le préféré des touristes.
D'autant plus que la maison est à contre jour et que je peine à prendre des photos acceptables...


Sur la place, la statue de Saint Roland (protecteur des villes au moyen age) est aussi une copie, l'originale ayant été aperçue et photographiée dans l'église un peu plus tôt.
Il parait aussi que c'est sur cette place qu'aurait été dressé le premier sapin de Noël au monde. Mais ça, c'est une autre histoire...

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