vendredi 27 avril 2018

Londres - Jour 4 - Partie 2 - Tour de tour

Si la Cathédrale Saint Paul était presque dépourvue de touristes, nous retrouvons la foule aux abords de la Tour de Londres, qui est au bout de la rue...
Mais on ne peut pas ne pas la visiter: c'est ici le véritables cœur de la ville, le plus vieux bâtiment connu... construit par Guillaume le conquérant lui même!


Mais avant de commencer, nous allons déjeuner chez... Paul, pour retrouver un peu de notre France adorée le temps d'un sandwich à la dinde de Noël et un éclair Paris-Brest... écrit dans la langue de Molière sur le menu...
Par contre l'intérieur du magasin est plein et nous allons être obligés de manger en terrasse sous les assauts d'un méchant vent bien britannique...


Pas de temps à perdre!
Nous n'avons pas besoin de faire la queue pour acheter nos billets: notre London pass nous permet un accès direct à l'entrée de la tour...


La Tower of London est une forteresse qui fut donc construite par Guillaume le conquérant, mais qui au fil des siècles servit de palais, de forteresse, pour devenir une prison et plus récemment accueillir et protéger les joyaux de la couronne d’Angleterre.


J'aurais bien aimé participer à une visite guidée menée par l'un des Yeomen (c'est comme ça qu'on appelle les gardiens de la tour, dans leur uniforme bariolé), mais Frédéric et Pierre André doutent de leur niveau en anglais et nous optons finalement pour des audioguides qui nous permettrons de visiter à notre guise (avec 1h20 de commentaires quand même).



Comme d'habitude je vais me faire distancier très vite par mes deux compagnons, (mais on finira bien sûr par se retrouver) et ceci dès le premier bâtiment.



Nous entrons donc dans la tour médiévale (terminée en 1307) où on a reconstitué les appartements royaux d'Edward I, et notamment sa chambre... même si il n'y aurait dormi réellement que 2 fois dans sa vie.


Voilà le trône d'Angleterre! Ou plutôt sa reconstitution puisque rappelons le l'originale est dans l'abbaye de Westminster. On voit bien sous le siège l'endroit où doit être posée la pierre de Scone, symbole du pouvoir du roi.



Depuis les appartements, on peut accéder aux remparts et au chemin de ronde, d'où l'on a une superbe vue sur la Tamise...



...et sur le Tower bridge, un autre emblème de la ville. Sauf qu'au moyen age les rois ne pouvaient pas profiter de cette superbe vue puisque rappelons le le pont ne fut construit que bien des années plus tard, en 1894.



Une autre preuve de la proximité du fleuve c'est le passage qui avait été aménagé pour qu'un petit canot puisse venir s’amarrer directement dans l'enceinte de la tour. Un moyen pour les monarques de pouvoir s'échapper ou s'introduire en toute discrétion...


Tiens, d'ici on voit bien les cages où sont élevés les corbeaux de la tour de Londres. En effet une vieille légende dit que si les corbeaux disparaissaient de l'enceinte de la tour, celle ci s'effondrerait en emportant avec elle la monarchie britannique. C'est pour cela que Charles II émit un décret royal imposant que 6 de ces volatiles soient maintenus en captivité ici.


Je continue ma visite en me dirigeant vers la prochaine tour qui suit sur le chemin de ronde: c'est la tour où on évoque l'utilisation de la forteresse en tant que prison.
En effet, c'est ici que furent emprisonnés des personnalités célèbres opposants au roi, et sept condamnés furent décapités dans la cour intérieure de la tour, parmi lesquels trois reines.



Les murs de la tour comportent encore les stigmates de son passé de prison, avec les graffitis que l'on peut voir sur les murs, gravés par les prisonniers...


Parmi eux, le pied inversé est un symbole chrétien évoquant la souffrance, ce qui nous rappelle que bon nombre de prêtres étaient également emprisonnés ici.


Passons à la suite... Finalement il n'y a pas autant de touristes que ça et on peut se balader sans peine d'une tour à l'autre. Après je pense que la plupart d'entre eux se pressent plutôt pour voir les joyaux de la couronne ou la White tower...


Dans cette tour-ci, il y a une miniature représentant la forteresse à l'époque de la révolte paysanne contre les taxes, pendant laquelle les paysans en colères ont décapité un archevêque...


L'audioguide m'invite à quitter le chemin de ronde et à descendre dans la cour intérieure, où il semble y avoir de l'animation...


En effet, en ces temps de fête de fin d'année, une troupe de comédiens organise des animations: tir à l'arc, déguisements... et un genre de chasse au cerf. Tenez: les enfants viennent juste d'attraper un drôle de cerf blanc et bleu. Va-t-il se transformer en princesse?


Je m’assois un instant afin de tenter de prendre en photo l'un de ces grands corbeaux noir, pas très farouche... mais au regard sombre.


Il y a aussi d'autres animaux qui se baladent dans le coin: des singes mais là rien à craindre, ce sont des sculptures en fil de fers. Moins dangereux que de recevoir un coup de bec!


Je retrouve mes deux potes et nous décidons maintenant de tenter la longue file d'attente qui mène à l'entrée de l'exposition sur les joyaux de la couronne (20 minutes d'attente d'après le panneau).


En patientant dans la file, je mets mon audio guide sur play pour qu'il m'en dise un peu plus sur les yeomen, ces gardes dont j'ai photographié un représentant tout à l'heure. En fait ce sont tous d'anciens militaires à la retraite, qui ont postulé pour venir travailler ici. C'est un honneur d'être Yeoman, et la médaille de l'ordre du mérite est obligatoire pour en faire partie. Ils vivent sur place en compagnie de leur famille, leurs enfants et parfois leurs petits enfants, qui prennent possession des lieux comme terrain de jeu dès les touristes partis.


J'écoute également les explications sur la cérémonie des clés, qui a lieu chaque soir à 21h30 (et qui est accessible aux touristes). Le garde qui garde l'entrée, voyant venir les clés à la main l'autre garde chargé de fermer les grosses portes de la tour, s'écrie:
- "Who comes there?"
- "The keys."
- "Whose keys?"
- "Queen Elizabeth's keys".
- "God preserve Queen Elizabeth!"
- "Amen!"


La file d'attente continue à l'intérieur du bâtiment. Et pour voir les couronnes et les sceptres royaux, ils ont installé de petits tapis roulant, question que personne ne 'monopolise' les vitrines les plus intéressantes.
Ça brille quand même pas mal, avec par exemple le célèbre Cullinan, diamant le plus gros jamais découvert et pour lequel il a fallu 8 mois de taille.


Prochaine étape: la White tower, la tour originelle construite en 1078, construite par Guillaume le conquérant. A l'époque, cette tour de 30 mètres était visible de loin, au milieu des huttes de bois qui constituaient alors la ville... Et elle fut encore plus visible quand Henri III fit blanchir ses murs à la chaux.


Entrons! Depuis presque 100 ans, la white tower a été transformée en musée où sont exposés plus de cinq siècles d'artillerie, et la visite commence fort avec la galerie des armures.


Il y en a de toutes sortes: par exemple celle d'Henri VIII qui faisait à plus de 50 ans à peu près 129cm de tour de taille. Ils ont mises côte à côte celle du plus grand chevalier de la cour et l'armure construite pour un petit enfant...


Au fil des étages, on change d'ambiance. Il y a là aussi des acteurs qui interprètent des scénettes historiques. Et une salle est dédiée aux cadeaux offerts par les pays étrangers, parmi lesquels une véritable armure de samouraï.


Une salle est dédiée aux autres utilisations de la tour de Londres: en tant que prison bien sûr mais aussi en tant qu’hôtel de frappe de monnaie. Tout cela se termine par une salle remplie de canons, pistolets et fusils et une autre salle dédiée à une exposition temporaire que nous n'auront malheureusement pas le temps de visiter, et consacrée à la bataille d'Azincourt, pendant la guerre de 100 ans, qui vit la victoire des anglais sur les français.  D'après Pierre André, qui est un expert en Histoire de France, ce fut une débâcle célèbre qui mit à l'honneur les archers britanniques, dont l'armée était pourtant inférieure en nombre ...


Il nous reste encore quelques bâtiments à visiter dans la forteresse (le site de l'échafaud de Tower green, la chapelle royale, etc...) mais nous décidons de terminer là notre visite. Après tout notre journée n'est pas terminée...
Pendant que certains vont aux toilettes, j'en profite pour photographier de près l'un des gardes en faction devant le musée des joyaux de la couronne.


Un groupe de jeunes filles font les idiotes devant lui, pour le déconcentrer... Je crois qu'il faut avoir une certaine dose de patience pour faire ce métier, avec tous ces andouilles de touristes!


Un dernier regard sur la tour de Londres, surmontée par les tours modernes de la City... deux mondes se côtoient sous nos yeux...



On longe la tamise en direction du Tower Bridge, l'occasion de faire de jolies photos de ce pont emblématique construit en 1894, mais aussi des touristes qui nous demandent au passage de leur tirer le portrait...


Il n'est pas encore 17h et le soleil est déjà presque couché.
Mais on a encore des choses à visiter, alors suivez nous on va traverser le pont en direction du South bank!


Il y a une exposition très intéressante dans les édifices du pont, et que j'avais faite lors d'un précédent voyage. Elle permet notamment de monter tout en haut et de passer dans la passerelle qui relie par dessus les deux pieds du pont(à 42m au dessus du fleuve). Mais bon il a fallu faire des choix et je n'ai pas mis cette visite au programme...


La particularité du pont c'est son mécanisme - révolutionnaire pour l'époque - qui permet aux deux côtés de se redresser pour laisser passer les gros bateaux, en 3 minutes chrono. Il parait que de nos jours il se lève encore près de 1000 fois par ans. Ça doit être un sacré spectacle! A condition de ne pas rester planté là où se trouve ce jeune homme...



Voilà, la journée se termine et la soirée va commencer... mais ce n'est pas n'importe quelle soirée car ce soir... c'est feu d'artifice mes amis!

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