dimanche 10 juin 2018

Athènes - Jour 2 - Partie 1 - Monter au ciel

Aujourd'hui: "We can be heroes... just for one day", comme chantait Bowie en me réveillant ce matin.
Oui nous aurons besoin d'être des héros pour affronter cette première journée à Athènes, car nous allons monter jusqu'au royaume des Dieux de l'Olympe!
Enfin pour l'instant j'ai surtout affronté la chaleur de la nuit athénienne, et les moucherons qui tournaient au dessus de mon lit...


Nous allons commencer par notre rituel du matin, et qui deviendra vite une tradition: le petit déjeuner sur la terrasse. Wah regardez moi ce ciel bien bleu!


Nous partons à 9h pile dans les rues de Plaka, qui sont vides à cette heure du jour. Mon guide nous conseillait d'aller gravir les pentes de l'acropole très tôt pour éviter la foule... il n'avait pas tort.


Nous croisons une rue dont les terrasses et les fenêtres sont remplies de plantes. Et les arbres dans la rue, ce sont de véritables mandariniers. J'imagine que ça apporte de la fraîcheur l'été...


On l'aperçoit tout là haut, l'Acropole que nous allons bientôt rejoindre!
Commencer dés le début par le monument numéro 1 de la ville, ça peut paraître un peu précipité, mais on verra plus tard que ce fut une bonne idée, car les jours qui suivront l'Acropole sera fermé au public suite au mouvement de grève qui secouera le pays.
On a été chanceux sur ce coup là!


Nous traversons le quartier touristique de Plaka, avec ses restaurants avec terrasse. On en profite pour jeter un premier regard sur les menus...


Ça commence par monter doucement doucement, mais le plateau rocheux de l'Acropole est quand même à 156 mètre de hauteur, donc on n'y est pas encore...


Voilà l'un de nos premiers graf sur le mur. On aura l'occasion d'en voir plein d'autres car la ville d'Athènes est connue pour ses graffeurs...


Pour accéder à la citadelle, la plupart des touristes (en tout cas ceux qui viennent en groupe dans des cars si vous voyez ce que je veux dire) empruntent la grande promenade des fêtes de Dyonisos, qui se trouve de l'autre côté. Mais le guide papier de Fred nous conseille plutôt de prendre un petit chemin qui part de Plaka et longe la colline. et c'est vrai que ça a l'air plus sympa...


Voilà le gardien qui nous accueille pour nous faire payer le prix d'entrée... "ce sera une caresse s'il vous plait!"


Cette petite rue à flanc de rocher est remplie de jolies petites maisons toutes de blanc vêtues. C'est exiguë et c'est mignon comme tout. Il y a une toute petite église et les rues se transforment en de petits chemins étroits où ne passent pas les voitures... et difficilement les humains.


On a du mal à se croire en pleine ville, avec la mégalopole d'Athènes à nos pieds...


Et bien sûr c'est le royaume des chats, que nous laissons à leurs affaires pour continuer notre chemin...
Je crois que ça s'appelle Anafiotika, si vous cherchez à y aller.


C'est par où l'acropole? Ha oui par là...


Au fur et à mesure de notre montée, la vue sur la ville à nos pieds se dévoile.


Et on s'aperçoit vraiment de l'immensité de la capitale grecque, qui s'étend dans toute la vallée sous nos yeux: 39km² pour la ville intra muros, avec plus de 600000 habitants, 3 millions si on compte le Grand Athènes (avec le port du Pirée).


On peut zoomer sur quelques édifices intéressants, comme la cathédrale de Plaka, où nous étions hier soir...


Le chemin n'est pas très large, mais on passe quand même devant l'université... enfin l'ancienne université: j'imagine que tous les étudiants de la capitale ne viennent plus ici pour faire leurs études.



Nous voilà enfin arrivés! Enfin presque... Nous sommes sur un énorme rocher de marbre appelé 'Colline de l'Aéropage'. D'après les légendes c'est ici que les dieux se sont réunis afin de juger Arès, accusé d'avoir tué Hallirrhotios le fils de Poséidon. Il fut acquitté car Hallirrhotios  avait violé la fille d'Arès...


Mais bon ce qui nous frappe surtout pour l'instant ce n'est pas l'origine divine de ce rocher mais plutôt la superbe vue qu'on a sur la ville. On aperçoit le site de l'Agora que nous visiterons certainement d'ici quelques jours, avec le temple dédié à Hercule.
Et aussi, en se retournant...


... voilà le rocher de l'Acropole, juste en face de nous! On est bientôt arrivés.


En zoomant, on peut observer la porte Beulé (du nom de l'archéologue qui l'a redécouverte en 1852), principal point d'accès à l'acropole.
Un grand escalier permet d'accéder aux Propylées. Aux temps antiques se dressait à mi-parcours une statue en bronze érigée en 27 avant JC et représentant le général romain Agrippa. En l'honneur de quelle bataille? Et bien Agrippa avait gagné... la course de char des Panathénées!
Aujourd'hui il ne reste que le piédestal de pierre de 8 mètres de hauteur...


En zoomant encore un peu plus, on aperçoit des soldats habillés en costume traditionnel. Ils sont assez nombreux. Je pense qu'il a dû y avoir une parade militaire et que nous arrivons un peu tard... tant pis!


Nous continuons notre chemin et nous rapprochons de l'entrée pour acheter notre billet à 20€, et on en profite aussi pour acheter quelques timbres. A ce propos retenez bien ce mot: "Efaristo". Ça veut dire 'merci' en grec.


Avant de monter les escaliers de pierre qui mènent à la porte Beulé et au promontoire du rocher, on commence par bifurquer sur la droite pour voir le théâtre d'Hérode Atticus. Il est encore utilisé de nos jours pour des spectacles et pièces de théâtre, et les gradins ont donc été restaurés. A l'époque antique il était recouvert d'un toit de bois ça devait être encore plus impressionnant...



Je ne sais plus pourquoi à un endroit donné il y avait tous ces piédestals avec des inscriptions. C'était peut être l'endroit où se trouvait l'Asclépiéion, un temple érigé autour d'une source sacrée...


Voilà un autre théâtre antique, celui de Dionysos( Dieu du vin), construit au VIème siècle avant JC: 17000 places et 78 niveaux de gradins. Certains gradins sont restés intacts, et on peut s'asseoir là où d'autres fesses, plus de 2000 ans plus tôt, se sont assises...


Un autel dédié à Dionysos se dressait au fond de la scène.
C'est là que prenaient place les Dionysies, des fêtes religieuses pendant lesquelles se déroulaient des joutes oratoires...


Rejoignons maintenant le domaine des dieux en empruntant le grand escalier de la porte Beulé. Il y a moins de touristes que ce que j'aurais pu penser.
Là aussi nous empruntons des marches que tant de héros antiques ont foulées...



Tout en gravissant les marches, jetons un petit coup d’œil à droite vers le petit temple d'Athéna Niké sur son promontoire. Il a été restauré récemment mais n'est pas accessible au public... et il parait de toute façon difficile d'accès.
"Niké" veut dire ici la victoire, et ne fait pas référence à une célèbre marque de vêtements de sport (ce serait plutôt l'inverse).


Nous passons sous les colonnes monumentales des Propylées, qui marquent l'entrée officielle de l'Acropole.


Nous voilà donc sur le plateau rocheux où les grecs avaient construit le domaine des dieux: 300 mètres de long et 85 mètres de large avec nombre de temples sacrés.
En face de nous la rue empruntée pour la procession des panathénées, avec on imagine de chaque côté des bâtiments dont il ne reste que des ruines.
On va d'abord se rapprocher de ce temple sur la gauche: l'Erechthéion.


Achevé en 406 avant JC, le temple était dédié à Athena, Poséidon et à Erechthé, roi mythique d'Athènes. Il est surtout connu pour ses caryatides, les 6 statues de jeunes filles que voici (enfin... celles ci ce sont des copies, les réelles sont dans le musée de l'acropole).
Le temple surplombe la ville et d'ailleurs on le voit très bien d'en bas quand il est illuminé la nuit.


Ce lieu est l'un des plus sacré de l'Acropole, et surtout ce petit olivier, juste là. La légende dit que les hommes, cherchant à quel dieu ils allaient dédier leur nouvelle capitale, leur lancèrent un défi: le dieu qui leur fera le plus beau des cadeaux sera le protecteur de la ville. Poséidon leur offrit une source d'eau de mer et Athéna un petit arbre chétif mais qui leur permettrait de faire de grandes choses. Symbole de paix et de prospérité, l'olivier leur apporterait nourriture, huile et bois.
Et c'est à cet endroit même que cela se passa...


Avec toutes ces réflexions antiques, j'ai bien sûr perdu Fred et Pierre André qui sont allés de leur côté...


Me voilà devant le clou du spectacle: le Parthénon, que je vais m'empresser de canarder de mon objectif.
C'est le plus grand temple dorique de Grèce, et il est bien entendu dédié à Athena.
Il fut construit pour les Grandes Panathénées de 438 avant JC, de grandes fêtes qui avaient lieu tous les 4 ans en l'honneur de la déesse. On va en entendre pas mal parler de ces Panathénées dans les jours qui viennent, car c'était je crois la fête religieuse et populaire la plus importante de cette époque.
Pour ces festivités, une grande procession étaient menée depuis les portes de la ville et se rendait jusqu'ici pour honorer la déesse.


D'ailleurs on en a déjà entendu parler à Londres de ces panathénées, car les frises qui décrivent le cortège - et qui étaient initialement sur les murs du Parthénon - ont été 'empruntées' par les britanniques et elles se trouvent au British Museum... et nous les avons vues () .


Reste que la grandeur du bâtiment est impressionnante... Huit colonnes de marbre pentélique sur le fronton et 17 sur les côtés. Les lignes du temple étaient incurvées pour palier par une illusion d'optique au fait que les fondations suivaient les lignes concaves du sol rocheux.
On ne peut plus de nos jour aller se balader à l'intérieur du temple entre les colonnes.
Mais c'est vrai aussi qu'il manque beaucoup de choses pour se représenter ce que c'était à l'époque antique: il ne reste plus rien des frontons qui représentaient la naissance d'Athéna, et encore moins de sa statue de 12 mètres qui étaient à l'intérieur: recouverte d'or, son visage et ses mains en ivoire et ses yeux en pierres précieuses...


Il commence à y avoir de plus en plus de touristes (ils sont arrivés!). Juste au moment où nous nous avons terminé...


On peut quand même s'approcher du promontoire où s'élève le drapeau grec et d'où on a une superbe vue sur presque toute la ville.
C'est quand même un lieu idéal pour construire un temple: d'ici les dieux pouvaient surveiller et protéger tous les athéniens:
D'un côté on voit la ville antique, avec des temples qui pointent par ci par là: voilà le temple de l'Olympion dont il ne reste que quelques colonnes, et juste derrière les gradins du stade olympique...


...et de l'autre côté il y a le port du Pyrée et la mer, juste derrière le monument de Phylopappos.


Prenons une dernière photo du Parthénon avant de quitter les lieux. C'était notre visite numéro un et le site numéro un des visiteurs à Athènes.
3000 ans d'histoire... et peut être bien plus car le site fut peuplé dés le néolithique. Les premiers temples dédiés à Athena furent édifiés à l'époque mycénienne et l'acropole fut habité par les hommes jusqu'en 510 avant JC, date à laquelle l'oracle de Delphes annonça que le lieu devait uniquement être habité par les dieux.


Au fil des siècles, l'Acropole dut subir les assauts des tremblements de terre, puis des étrangers - notamment les turcs - qui occupèrent le pays et utilisaient ses pierres pour construire leurs maisons. Durant la guerre contre les phéniciens, ceux-ci firent carrément exploser une partie de l'Acropole (utilisée par les turcs pour entreposer leur poudre à canon - c'est malin).
Le coup de grâce fut donné par les archéologues étrangers qui vinrent ici faire leur marché, et enfin la pollution qui continue d'endommager les monuments.


Mais comme vous le voyez les grecs ne désespèrent pas de reconstruire les édifices de l'Acropole, et ceci grâce à l'aide des fonds européens.


Je retrouve enfin mes deux compatriotes et nous nous dirigeons vers la sortie, non sans faire coucou au gardien du temple sur les marches du Parthénon.
Salut mon petit chat!

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