jeudi 20 septembre 2018

Athènes - Jour 6 - Partie 1 - Les archéologues

Et oui déjà le sixième jour! Notre voyage athénien fut un voyage plus long que les autres... une épopée on va dire!
Tout d'abord, ces petits biscuits achetés la veille à la pâtisserie sont bien bons trempés dans mon thé du matin.


Ensuite les rues de la capitale ont retrouvé leur animation: finis les jours fériés les grecs! Au boulot!
Nous, nous sommes encore en vacances et on commence à bien connaitre les lieux: on va jusqu'au quartier de Monastiraki, et la première photo de l'Acropole de la journée, la voici!


Le matin la place Monastiraki est beaucoup plus vide que le soir. Aviez vous remarqué la petite église Kimisi Theotokou Mitropoleos, à l'opposé de l'ancienne mosquée sur la place?


Comme l'indique le titre de l'article, aujourd'hui on va jouer aux archéologues. Et ce n'est pas difficile de trouver des ruines antiques dans ce quartier: il y en a presque à tous les coins de rue! Par exemple derrière la mosquée Tzistarakis (devenue le musée des céramiques), il y a les ruines de la bibliothèque d'Hadrien, construite en 132. Elle comportait une cour intérieure entourée de 100 colonnes, mais il n'en reste que ce mur...


Mais nous nous allons plutôt commencer par le complexe de l'Agora antique. C'est là qu'étaient rassemblés au temps des grecs les principaux bâtiments politiques, administratifs et commerciaux de la ville. L'entrée coûte 8€ seulement.



La route de la procession des Panathénées, qui montait jusqu'à l'Acropole, traverse les lieux de part en part. C'était l'une des fêtes les plus importantes pour les Athéniens, donnant lieu à des beuveries, des sacrifices rituels, des concours de chant... sans oublier les jeux sportifs panathéniens.


D'après le plan que l'on a vu plus haut, il y avait beaucoup de bâtiments importants réunis ici, mais il est difficile de se faire une idée tellement l'endroit est en ruines...
Mais nous sommes bien au centre de l'Athènes antique, là où tout se passait.


Détruits par les tremblements de terre et les guerres successives, les temples ont été petit à petit éparpillés et les pierres récupérées comme ici dans la construction de ce mur où l'on voit bien quelques statues découpées.


Les turcs y avaient même bâti un quartier résidentiel (360 maisons en tout), qui fut détruit par les archéologues à la libération du pays en 1830, afin de pouvoir procéder aux fouilles...



C'est ici que Socrate donnait rendez vous à ses élèves pour leur enseigner sa philosophie. Voici justement l'un de ses disciples en pleine méditation... tachons de ne pas le déranger.



On apprend quand même des choses en lisant les panneaux explicatifs. Cette bâtisse circulaire était appelée la "boule" (ou Bouleutérion). C'était là que se réunissaient les représentants des différentes tribus qui formaient le peuple grec, afin de parler politique et décider ensemble de l'avenir du pays...


Bon en vrai il n'en reste pas grand chose. On aperçoit juste le cercle sur le sol. Tous les 36 jours les dirigeants qui menaient les débats de l'assemblée étaient changés par roulement entre les tribus. Des genres de vases troués - dans lesquels on faisait s'écouler de l'eau - étaient utilisés pour calculer le temps de parole.


Juste derrière, des tortues se promènent tranquillement au milieu des restes du cimetière "géométrique". L'époque dite géométrique correspond à une civilisation antérieure à celle des grecs antiques. Les grecs primitifs en quelques sorte, qui construisaient les murs de leurs tombes à angle droit, ce qui a donné son nom à leur civilisation...
Non en fait le terme 'géométrique' fait plutôt référence aux motifs de la céramique produite à cette époque.


Ça monte un peu pour aller voir l'un des seuls éléments encore debout de l'Agora: le temple d'Héphaïstos. Alors allons-y!


On a d'en haut une vue d'ensemble sur l'Agora, dont on n'aperçoit plus que des arbres. Le long bâtiment à gauche est le portique d'Attale, reconstruit à l'identique il y a 50 ans par des archéologues américains. Peut être un jour reconstruiront-ils le reste?


Nous voilà maintenant au pied du temple d'Héphaïstos, le seul temple de cette époque à être resté debout. Il est dédié au dieu du feu car le quartier abritait à l'époque beaucoup de fonderies, de potiers et de forgerons.


Il a été construit en 449 avant JC par le même architecte que le Parthénon. On reconnait le style. A l'intérieur, deux statues de bronze représentant Athena et Hephaistos s'offraient à l'adoration des fidèles.


On peut compter le nombre de colonnes: il y en a 34 en tout!


La frise qui fait le tour des murs intérieurs et extérieurs du temple représente entre autre les 12 travaux d'Hercule, ou encore la bataille des dieux contre les centaures. Il faut s'imaginer que tout cela était peint de couleurs très vives.


Au 7ème siècle après JC, le temple fut transformé en église chrétienne. C'est ce qui explique certainement son très bon état de conservation. Il servit par la suite de lieu de sépulture pour les héros étrangers qui avaient aidé à la libération de la Grèce des turcs, puis devint un musée avant de retrouver son état actuel de monument archéologique.



Nous passons par derrière pour aller jeter un œil sur le seul bâtiment de l'Agora qui n'est pas d'époque antique: la petite chapelle des Saints Apôtres, qui fut construite pour commémorer la venue de Saint Paul à l'Agora d'Athènes.


Si elle a été restaurée, l'intérieur ne montre que des murs blancs. Le fresques d'origine n'ayant pas été retrouvées, on y a exposé des fragments de fresques byzantines provenant d'autres églises...


Nous terminons notre visite par le portique d'Attale, tout beau tout neuf, reconstruit à l'identique par l'American School of Archeology entre 1953 et 1956. Et on peut dire que c'est une bonne idée de l'avoir reconstruit à l'identique car on peut enfin se rendre compte de la monumentalité et de la grâce des constructions grecques.


Je prends en photos statues et colonnes, puis il faut monter à l'étage pour continuer la visite: un musée a été installé dans le bâtiment.


L'étage est surtout dédié aux statues, et permet de comprendre comment la sculpture grecque a pu inspirer la sculpture romaine, qui elle même a pu également faire évoluer les thèmes et le style de son modèle grec.


C'est vrai que ça parait maintenant évident de voir comment les romains se sont inspirés des grecs. Chez eux aussi il y avait des agora (ou forum), des parlements, des théâtres en forme de demi cercle...


Pour la civilisation romaine, même si c'était Rome qui contrôlait toute la région, Athènes était le berceau des Arts, de la Philosophie et de la Politique, et tout jeune héritier de la noblesse romaine se devait de venir ici parfaire son éducation.


Construit par le roi de Pergame Attale II, en remerciement de l'éducation qu'il avait reçue à Athènes, le portique était à l'époque utilisé comme galerie marchande.


Il y a aussi une maquette représentant l'Agora antique au sommet de sa gloire. Il y en a aussi une de l'Acropole. On se rend peut être plus compte de ce que ça devait être à l'époque pour les athéniens....


Alors là c'est une tentative de faire une photo avec le temple d'Héphaïstos en maquette et en vrai au fond...


Et puis il y a une maquette de la colline du Pnyx, où nous sommes allés l'autre jour en visitant Philopappos, et où se réunissaient les philosophes et les hommes politiques. Ça ne ressemble plus vraiment à ça...


Passons au rez de chaussée où ils ont installé un petit musée sur l'Agora, et notamment on nous y explique la découverte des fameuses tombes géométriques.


Voici justement des exemples de céramique de l'époque "géométrique", avec des motifs très travaillés alliant 3 couleurs et des traits qui s'entrelacent avec des motifs complexes. C'est joli, vous ne trouvez pas? Ils avaient bon gout ces grecs...



Ces genres de petits tessons de porcelaine servaient à ce que l'on appelle l'ostracisme: en cas de mauvais comportement d'un citoyen, on pouvait voter le bannissement de celui-ci hors d'Athènes pendant 10 ans. C'est ce qui est arrivé à Themistocle, dont le nom apparaît sur les tessons ci-dessus.


La plaque de pierre ci-dessus servait à déterminer aléatoirement lesquels des citoyens de l'assemblée étaient nommés comme jurés lors des votes. On insérait dans les fentes un "ticket" de bronze avec le nom du citoyen, puis on mettait des petites boules noires et blanches dans le tube à gauche. Selon la couleur de la boule en face de votre nom, vous étiez juré au pas.

"Passe partout, la Clepsidre!"
C'est avec ces 2 baquets d'eau de 6 litres  que l'on mesurait le temps de parole des orateurs dans la Boule: un trou était percé dans le baquet du haut qui se vidait jusqu'au bout. Et ça s'appelle une Clepsidre.


D'autres éléments de l'exposition sont remarquables: un bouclier véritable de la guerre de Sparte, ou encore cette petite statuette d'ivoire...


Notre visite de l'Agora antique est terminée, mais nous ne retournons pas vers la sortie: on passe par le haut pour pouvoir accéder à l'Agora romaine, tout contre (6€ l'entrée)


Celle-ci est bien plus petite que l'autre Agora, et il ne reste pas grand chose non plus des bâtiments. Et comme son nom l'indique, elle a été construite sous l'époque de la domination impériale romaine.


Certains éléments sont quand même encore dressés, comme la grande porte d'Athena Archegetis, qui fut érigée par Jules César au 1er siècle.


Il y a sur le site les fondations de plusieurs bâtiments, dont des latrines comportant 68 sièges. Parfois quand on est archéologue on ne choisit pas ce qu'on découvre...


Le site abrite également l'ancienne mosquée Fethiye, l'un des rares témoignage de la présence turque dans le pays. Malheureusement elle était en rénovation lors de notre visite et donc je ne l'ai pas prise en photo.


Par contre, l'un des bâtiments est resté intact: la tours des vents. Cette petite tour octogonale fut construite par un savant syrien du nom d'Andronicos qui l'utilisa pour des recherches scientifiques et astronomiques.



Les frontons de la tour contiennent des bas reliefs représentant les 4 vents connus à l'époque et les 4 points cardinaux, ce qui fait 8 - d'où une tour octogonale.
On regrette quand même qu'il n'y ai pas plus d'explications sur le site, en tout cas notre petit tour des Agoras est terminé.


On a faim! Et pour notre déjeuner nous n'allons pas aller bien loin: un sympathique restaurant a installé ses tables dehors tout contre les grilles de l'Agora romaine. Manger avec vue sur les ruines. Et en plus la nourriture est plutôt bonne: je me régale de Tsatsiki et de Moussaka à la pomme de terre...


Et pour Frédéric, c'est l'instant Ouzo. Tchin tchin!
Notre journée a l'air d'être déjà pas mal entamée, et nous avons déjà vu beaucoup de vieilles pierres. Et devinez quoi? Il y en a encore d'autres à voir cet après midi.
C'est sûr: si vous n'aimez pas les vieilles pierres, il ne faut pas visiter Athènes!

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