samedi 15 juin 2019

dimanche 2 juin 2019

Bucarest - Jour 1 - Partie 2 - Les traces du temps

La balade du matin se termine bientôt et j'abandonne alors les petites rues et les maisons stylées pour un grand boulevard bruyant et plein de voitures...


Nous sommes devant le grand hôpital Coltea, qui fut fondé par Mihail Cantacuzino dont on voit ici la statue.


Mais ce n'est pas l'hôpital que nous allons visiter mais plutôt la petite église qui se trouve juste devant, et qui se nomme donc Coltea Biserica.


C'est la plus ancienne église de style Brancovane de la ville (datant de 1699), mais son style s'inspire aussi du baroque italien et byzantin. Elle a été rénovée en 2006.


J'avais remarqué ça déjà en Grèce: les cierges sont souvent à l'extérieur de l'église, afin de se prémunir des incendies. Ici c'est carrément un 'placard' qui doit être fermé la nuit.


Je suis surtout impressionné par les belles fresques du plafond du porche, qui me rappellent celles des églises de Bulgarie, mais dans un autre style...


On est bien dans une église orthodoxe, avec les tapis, les lustres, à droite le pupitre où pour poser les livres et chanter et au fond l'iconostase et ses icônes que les fidèles viennent embrasser.


En levant la tête, une superbe vue sur le dôme illuminé.


Jadis l'église était rattachée à l’hôpital attenant - ancien monastère - construit par Mihail Cantacuzoni, un chef militaire et politique important.
Moi je la trouve très bien cette petite église!


Les icônes de l'église sont réputées, et certaines sont même miraculeuses...


Je retrouve le chemin de la Calea Victoria et de ses magasins chics. Et enfin un magasin de souvenirs où je déniche quelques cartes postales pas trop moches.


Je suis 1/2 heure en retard, mais je vais quand même dans le café où Hans m'avait donné rendez vous lors de notre discussion hier soir. Il ne s'y trouve pas mais je le rencontre au restaurant d'à côté où j'avais justement l'intention de déjeuner. Il est avec un ami à lui et ils s’apprêtent à partir... justement boire un café à côté.
Le menu du jour est à 6€ (!): une spécialité roumaine de viande de porc grillé et de choux haché. Très bon, et avec un simple mais délicieux gâteau aux pommes en dessert.



Et bien sûr je vais prendre un café à côté, à l'Origo coffee. La jeune serveuse tente de m'expliquer la différence entre les deux types de cafés qu'ils servent en ce moment: San Salvador ou Nicaragua. Ça a l'air compliqué tout ça!
Néanmoins je crois que ce sera le meilleur expresso (celui du San Salvador) que j'ai jamais goûté: à la fois voluptueux et très fort...


C'est l'heure de commencer la balade de l'après midi!
Et elle sera en partie dédiée au devoir de mémoire, avec pour commencer le mémorial de la Shoah, qui se trouve tout près d'ici.
Il y a une grande tour rouillée qui symbolise... je ne sais plus quoi. Et puis cette étoile de fer, elle aussi rouillée.


Il faut descendre quelques marches pour atteindre le cœur du mémorial: une pièce dont les murs sont couverts des noms des centaines de milliers de juifs déportés et assassinés pendant la guerre. Après l'Allemagne la Roumanie est le second pays ayant le plus de victimes juives des nazis.


L'endroit est désert même s'il ne fut construit qu'en 2009... et à vrai dire... ça sent un peu la pisse. Un peu regrettable tout ça...
Derrière une vitrine il y a également des restes de pierres tombales issues de cimetières juifs, qui ont presque tous été rasés après la guerre.


On continue notre balade dans la rue Lipscani dans ce qui est le quartier le plus animé et touristique de la ville (même si il y a pas mal de magasins et maisons en ruine).
Je trouve un nouveau magasin de souvenirs, cette fois-ci plus sympa. Les vendeuses commencent à me parler en roumain et elles finissent par comprendre. "Why not? You look like a romanian!" Et elles se marrent.
Ha bon? J'ai une tête de roumain?



Dans la rue Lipscani il y a plein de magasins et de restaurants, un H&M... rien de bien typique sauf le magasin de robes de mariées. J'en ai vu plusieurs ici cela semble important le mariage en Roumanie.


Au bout de la rue, la petite allée Hanul cu Tei où l'on vend des antiquités et du matériel pour les artistes peintres... et qui est envahie également par les tables de restaurant.


Rue Selari: encore des restaurants et même un "Street food & Urban market" avec du sable et des animations le soir je pense.



L'atelier de verriers dont parle mon guide semble avoir disparu... remplacé par un restaurant! C'est le bâtiment ci-dessus, avec son balcon de bois verni datant de 1716.


Les rues entières du centre historique semblent s'être reconverties en paradis du monde de la nuit, avec des bars, des restaurants, des boites de strip tease...
Jadis on y trouvait tout un tas d'artisans et corps de métiers: boulangers, fourreurs, usuriers, selliers...



C'est plus sympa rue Franceza, où l'on retrouve les ruines du palais de Vlad tepes: la Curtea Veche. On y a installé un musée... qui est en ce moment fermé pour rénovations!


Il reste la petite église bizantine attenante, la Biserica Curtii Vechi, appelée aussi église de l'Annonciation ou de Saint Antoine. Construite en 1559, c'est officiellement la plus ancienne de la ville, là où se faisaient couronner les rois de Roumanie.
L'intérieur de l'église ne m'a pas passionné...


Vlad Tépes... l'un des plus connus des souverains roumains. Le voici justement en statue. Ça ne vous dit rien? Pourtant vous le connaissez surement un peu: il aurait inspiré le personnage de Dracula! D'ailleurs Dracula ('fils du dragon') était l'un de ses surnoms... et on l'appelait aussi... Vlad l'empaleur!
On aura l'occasion de raconter son histoire plus tard...


Plus original que l'église Curtii Vechi, il y a en face le bâtiment du Hanul lui Manuc. Il s'agit d'un ancien caravansérail construit en 1808 par un riche homme d'affaire arménien.


On peut entrer dans sa cour ombragée. L'un des derniers caravansérail d'Europe, ancêtre de nos hôtels où se retrouvaient les marchands sur les routes commerçantes du pays. Après plusieurs années de restauration, l'endroit a rouvert ses portes et un restaurant s'est installé dans la cour. Je regarde le menu... pas si cher que ça. Je crois que je reviendrais...


J'achète un thé glacé à emporter puis je décide de rester dans le coin... je crois qu'à côté il y a l'ancien quartier juif.
Je finis par trouver la Synagogue chorale entre deux bâtiments, elle parait presque neuve. Dans la cour, ils sont en train de repeindre le grand chandelier noir, dressé en honneur des victimes de la Shoah.
Je tente de m'approcher, mais quand je veux rentrer dans la cour, le gardien me dit 'No Entrance'. Bien sûr... dommage...


D'après mon guide il y a aussi dans le coin une autre synagogue que je peine à trouver car elle se situe carrément entre 3 barres de HLM, complètement à l'ombre, comme emprisonnée...


De l'extérieur elle a l'air jolie... mais fermée au public bien sûr. Je me demande si avec un tel patrimoine il reste encore beaucoup de communauté israélite à Bucarest. Est ce qu'on peut encore appeler ce quartier 'le quartier juif' de la ville?


La prochaine synagogue a d'ailleurs été transformée en musée sur l'histoire des juifs de Bucarest. Ça vous dirait de le visiter? Pas possible: la synagogue est aussi en chantier! D'ailleurs on aperçoit les ouvriers qui travaillent sur le toit.
On pourra dire qu'on n'aura pas eu de chance avec les visites aujourd'hui!
Du coup je me trouve un peu embêté, sans savoir que faire...
Je vais me balader, on va bien voir!

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