mercredi 19 août 2020

Bratislava - Jour 2 - Partie 1 - Voyage dans le temps

Aujourd'hui ce sera la journée 'pluie et grisaille'. Et puis aussi froid... brrrr!
C'est notre premier petit déjeuner ici: dans la cuisine Mariane nous a laissé quelques prunes et des genres de petites gaufrettes pour compléter nos achats de la veille.


Je crois que je n'ai pas encore pris en photo notre logement: c'est cette petite maison dans la cour de l'immeuble. Jolie, non?


Elle est aussi en photo sur l'un des murs à l'intérieur. Une photo prise avant que nos propriétaires l'ai totalement réhabilitée...



Et maintenant ça donne une maisonnette tout à fait... cosy, moderne et décorée avec gout.


On se dépêche car on est presque déjà en retard pour notre rendez-vous de 9h: devant la librairie Gorila de la place du souvenir. On y était justement passé devant hier.
Encore faut-il se rappeler du chemin!


Je reçois un SMS de Authentic Slovakia, notre guide touristique de ce matin: leur chauffeur est malade et ils sont obligés de nous regrouper avec 4 autres touristes. Du coup la visite ne se fera pas dans une petite voiture Skoda comme prévu mais dans un vieux combi Volkswagen de 1992.
Le voilà justement qui arrive.
Et oui... ce matin on fait un retour dans le passé, au bon vieux temps des années 80-90!




Notre chauffeur est sympa mais un peu timide et il a une petite voix, ce qui ne sera pas top pour entendre ses commentaires dans la voiture (sauf pour Fred qui est assis sur le siège juste à côté).
Fort heureusement nos arrêts seront fréquents.


On commence par un arrêt devant le marché couvert de Trznica, qui malheureusement est fermé le dimanche. Son architecture très années 80 fait penser au centre Pompidou, avec ses tuyaux rouges qui sortent du sol.


En face, il y a un autre bâtiment massif tout blanc, ancien siège du parti communiste. De l'extérieur il a l'air tout neuf et moderne mais à l'intérieur il est tout vide, et les plaques de marbre blanc de la façade se fissurent et manquent de tomber. Ils ne savent pas trop ce qu'ils vont faire de ce truc...


En contournant le marché on aperçoit aussi les anciens silos à grain.


Retour dans la voiture, qui mine de rien est bien vieille: certains éléments sont rouillés et ma ceinture de sécurité à moitié démontée. Mais elle roule, c'est le plus important!
On passe prendre les quatre autres participants à l’hôtel Mercure: il s'agit d'une famille d'allemands qui parcourent l'Europe au hasard avec leur automobile.



Nouvel arrêt: un quartier d'immeubles d'habitation. Ce sont des bâtiments typique de l'architecture moderniste: chaque appartement est un 'cube', une case construite à part puis assemblée avec les autres, comme des legos. Cette méthode assez simple et pragmatique a fait des émules partout en Europe communiste et mis en avant la réputation des architectes du coin.
Regardez: on voit sur la façade la séparation entre les pièces assemblées...


Peu de place pour la décoration dans ces cages à poules sauf peut être pour les 2 plaques au dessus des portes d'entrée, représentant ici des cosaques en train de danser.


C'est le moment de la distribution des cadeaux. Quoi? Mais je n'ai rien apporté moi!
Le guide est passé au supermarché avant de venir pour nous offrir des produits typiquement slovaques: un genre de soda au raisin (blanc ou rouge), le fameux Kofola (que j'ai déjà bu je ne sais plus dans quel pays... moi j'aime ça), mais aussi des biscuits et des chips qui font penser à des Curly.
Et puis aussi ces gaufrettes au beurre de cacahuète que j'avais déjà goûté au petit déjeuner ce matin.



Pour en revenir aux immeubles, ceux-ci restent encore très prisés par la population qui a maintenant la possibilité d'en acheter les appartements. Il y a même une liste d'attente pour en devenir acquéreur. Le bureau chargé de la vente essaie par contre de favoriser la mixité sociale.


Quand à ce chantier en face où l'on construit des immeubles tout neufs, il est à l'emplacement d'une ancienne usine de bière qui a fermé ses portes depuis longtemps.



En route, tout le monde à bord! Nous passons devant un bâtiment bien étrange: on dirait une pyramide à l'envers. C'est le siège du centre des télécommunications pour lequel l'architecte - il est vrai - a mis tout son cœur à l'ouvrage pour faire un immeuble original, et une prouesse technique.


Nous nous garons sur les abords de la place de la liberté, juste devant ce vieux bâtiment, ancien palais d'été de l’archevêque de la ville et qui accueille de nos jours le siège du gouvernement. Durant la seconde guerre mondiale il a également servi d'hôpital.


Au centre de cette grande place se trouve un parc avec en son centre une sculpture en forme de fleur d'acier, sculpture moderne certainement plus agréable à regarder que la statue qu'elle remplace, et qui représentait l'ancien premier secrétaire du parti communiste...


C'était donc ici l'une des places les plus importantes de la ville, et elle est bordée des sièges de différentes institutions du pays (l'université par exemple). C'est ici que se déroulaient les cérémonies et événements importants du parti.
De nos jours cette place est un peu laissée à l'abandon: les bancs sont abîmés et la fontaine centrale ne coule plus depuis un moment...



Pour la prochaine étape de notre voyage, il va falloir que notre vieux combi monte les pentes de Slavin, l'une des collines de Bratislava. A voir l'élégance des propriétés qui bordent notre chemin, il s'agit d'un quartier huppé plein d'ambassades. Nous ralentissons devant la maison où Alexander Dubcek, ancien dirigeant communiste devenu emblème de l'opposition, fut assigné à résidence...


Et tout en haut, voici le mémorial de Slavin, où nous allons faire un long arrêt histoire d'en faire le tour.



L'endroit fait toujours polémique car il est dédié aux soldats soviétiques venus libérer le pays des nazis en 1944. Les restes de plus de 6800 soldats sont enterrés ici.


Néanmoins on peut dire que d'ici on a une superbe vue sur le centre ville en face...


On peut même faire une photo unique qui englobe à la fois le château médiéval et le pont SNP moderne qui lui fait face...

  

Notre guide en profite pour nous parler des autres modifications faites par les communistes dans la ville. Notamment le ghetto juif qui a été complètement rasé pour construire le pont SNP. On en avait déjà entendu parler mais voici quelques photos...



Sur la base de la grande colonne qui domine la place sont gravés les noms des villes libérées par l'armée soviétique, date après date.
Le mémorial date de 1960.


Sur le côté de la large esplanade il y a un autre mémorial avec des plaques de marbre notant la liste des soldats ayant pris part aux combats.


42 mètres. A l'origine le mémorial devait être encore plus haut et imposant mais la mort de Staline mit fin à la démesure des travaux. 
Néanmoins encore aujourd'hui les plaques commémoratives sont rénovées régulièrement grâce à des fonds russes.


De l'autre côté de l'esplanade on a aussi une superbe vue sur la banlieue. On aperçoit des usines avec leurs cheminées qui fument, et sur le flanc de la colline il y a des vignes. 


On reconnait le bâtiment des telecom devant lequel nous étions passés tout à l'heure. C'est vrai que son architecture est originale...


Afin de se faire pardonner de ne pas être venu nous chercher en Skoda, notre guide nous propose maintenant de faire un tour dans leur 'garage' afin d'aller voir les autres vieilles voitures qu'ils possèdent. Pourquoi pas?
Elles sont garées sur le parking d'un ensemble d'immeubles d'habitation qui se trouve pas loin d'ici...


Tout d'abord il y a la vieille Skoda bleue, toute mignonne...


Le moteur se trouve bien entendu dans le coffre arrière de la voiture (avec la batterie carrément sous le siège passager)? Et dans le coffre avant? Il y a la roue de secours. 
Il parait que pour équilibrer la voiture ils mettaient du ciment dans le coffre de devant.


On peut même tenter de s'asseoir dans le fauteuil du conducteur. Pas très confortable quand on est grand, n'est ce pas Pierre-André?
Il parait qu'on peut encore trouver pas mal de ces voitures en vente sur le marché. Dans quel état? Je ne sais pas... 


Juste à côté, une autre pièce de leur collection avec ce vieux minibus gris. Là le moteur se trouverait entre les sièges...



Reprenons la route pour nous arrêter un peu plus loin devant un bâtiment moderne sérieusement gardé mais sur le parking duquel on peut entrer et se garer. L'immeuble est assez moche et typique de l'architecture des années 80. Il fut construit comme résidence pour les invités diplomatiques du pays.


D'ici on a une superbe vue sur le Danube et même l’Autriche en face...
On jette un coup d’œil aux alentours et sur les collines environnantes sur lesquelles les armées des 2 pays avaient postés leurs unités d'espionnage, leurs radars pointés sur l'ennemi.


Sur la droite, voici l'une des cités de banlieue de la ville. Il y a quelques années ils ont tenté de rendre l'endroit plus agréable en repeignant les murs de jolies couleurs pastels. C'est sûr ça change tout...


On voit aussi très bien d'ici la nuée d'éoliennes qui emplissent l'horizon de la vallée. Elles sont toutes du côté autrichien, les slovaques n'ayant pas encore souhaité se tourner vers les énergies renouvelables. 


Nous continuons notre route... Notre voiture passe devant un immeuble bourgeois au doux nom de 'Bonaparte'. Il appartiendrait au premier ministre et à vrai dire on ne sait pas où il a pris l'argent pour faire construire cette superbe baraque. L'occasion pour notre guide d'évoquer les problèmes de corruption dans le pays, et certaines affaires soulevées récemment: un homme politique aurait gagné au loto, et un autre aurait trouvé un trésor caché dans la maison de sa grand mère. Bizarre...


Cette fois-ci nous traversons le pont SNP pour changer de rive: c'est le quartier populaire de Petrzalka, dans lequel se trouve entre autre le palais des expositions.


Nous nous retrouvons bien vite presque en pleine campagne. Mais qu'y a-t-il à découvrir dans cette forêt?


En fait nous sommes exactement à la frontière entre la Slovaquie et l'Autriche, qui est toute proche de la ville. Le bunker que voici est un témoignage de l'époque où se trouvait ici le rideau de fer...


Ces poteaux blancs et rouges évoquent les fuyards assassinés alors qu'ils tentaient de passer à l'Ouest. La dernière victime est un allemand décédé en 1986.



Le mur de fer a bien entendu été détruit depuis cette époque mais ce site reste un important lieu du souvenir.
Nous avons bien fait de réserver cette visite guidée: peu de touristes doivent venir en cet endroit.




Contrairement à cette époque, nous pouvons facilement franchir la frontière et faire quelques pas en Autriche... puis revenir côté slovaque car notre visite n'est pas terminée.



Nous reprenons la route à travers les champs, et on aperçoit une autre route parallèle à la notre, côté autrichien. Entre les deux, il y avait jadis le fameux mur de la honte...
Dans ce champ de blé, un faux char d'assaut est encore installé.



On revient en passant devant la ribambelle d'HLM ouvriers construits à la va-vite dans les années 70. A l'époque il n'y avait dans le quartier pas encore d'école, ni de parcs, ni d'arbres... Tout a été rajouté par la suite. Ils avaient même pensé faire un métro mais ils n'ont pas pu terminer les travaux, faute d'argent...



Après la chute du régime communiste, une église à l'architecture moderne (toute ronde) a été construite afin d'être inaugurée par le pape Jean-Paul II.
Ce quartier de grand immeubles est emblématique et d'ailleurs le film Red Sparrow avec Jennifer Lawrence a été tourné en partie ici (même si l'action se passe en Russie).


Notre visite guidée automobile va maintenant se terminer. Notre conducteur nous ramène sur la place du souvenir où tout avait commencé. 20€, c'est le prix du voyage. C'était sympa, hein?
Nous remercions donc chaleureusement notre guide... Une visite à recommander.