samedi 26 septembre 2020

Bratislava - Jour 4 - Frontières

Alors que nous comptions faire un peu la grasse matinée, tout le monde est réveillé par des bruits de travaux. La vie reprend à Bratislava... On se lève donc, et on déjeune avec les brioches achetées la veille à la fameuse bergerie. 


9h20. C'est l'heure du départ pour notre dernière matinée de visites.
Aujourd'hui nous allons visiter un lieu qui se trouve juste à la frontière entre Slovaquie et Autriche... frontière que nous allons justement traverser quelques heures plus tard!


Mais pour y aller il va falloir prendre le bus. Nous descendons donc juste au dessous du pont Novy Most où se trouve la gare routière.


L'arrêt du bus 28 se trouve juste en face du splendide graph évoquant les années de guerre et de répression communiste...


On est un peu perdus et désappointés car on n'a pas la monnaie pour acheter nos tickets de bus, et cette satanée machine ne prends pas les cartes bancaires: "No change". On finit par acheter quelques bonbons au kiosque d'à côté et les 4€ de monnaie nous suffiront. Sauvés!


Nous allons au château de Devin, forteresse protégeant l'entrée de la vallée...
Le trajet sera finalement très court, même si je me trompe et force mes camarades à descendre un arrêt plus tôt que prévu.


Et tant mieux car cela va nous permettre de profiter de 18 minutes de balades le long du fleuve, avec de jolies maisons et les ruines du château sur les rochers au dessus ...


Voici donc le Danube, deuxième fleuve d'Europe par sa longueur et qui traverse 4 capitales: Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade. 


Tiens il y a des œuvres d'art sur le chemin: cet esturgeon peint sur le sol, par exemple...


A la fin du chemin il y a ce vieux bâtiment abandonné. Etonnant qu'ils aient laissé ce truc là, quand on sait que le château se trouve juste au dessus...


Mais on n'est pas là pour faire de l'urbex! Les tours de garde de la forteresse sont juste au dessus de nous, perchées sur les rochers!


J'imagine que de là haut la vue doit être vertigineuse. On a bien fait de passer par ce côté-ci, sinon on aurait raté ça...


Au pied du rocher se trouve un genre de petit parc qui abrite plusieurs mémoriaux dédiés aux victimes du rideau de fer. 
En effet, la frontière entre pays de l'Est et monde libre passait juste à cet endroit.


Le monument commémoratif est assez bien fait: des blocs de béton criblés d'impacts de balles, et une grille de fer qui semble déchirée pour toujours...


D'après cette plaque il y aurait eu plus de 400 morts assassinés en train de vouloir franchir la frontière ici.



L'entrée du château se trouve un peu plus loin. 5€ l'entrée sur le site, c'est moi qui paie pour tout le monde afin d'équilibrer les comptes.


Montons le chemin en longeant les fouilles archéologiques encore en cours...


Un premier arrêt nous permet de voir les maigres vestiges de l'église. C'est vrai que tout ici fut réduit en ruines par les armées napoléoniennes qui passaient par là...


Mais ça continue à monter. Sur le chemin il y a quelques stands d'artisanat et de démonstration du moyen âge. 


Voilà l'entrée de la forteresse avec les marques du pont levis qui donne sur une cour dont on a du mal à discerner les bâtiments à moitié détruits.


Au centre, un profond puit de 55 mètres permet de puiser l'eau au dessous du niveau du fleuve. Jetons donc quelques gouttes d'eau pour écouter le bruit de celles-ci touchant le fond du puit. Waaa! C'est profond...


Depuis tout en haut du rocher, on doit avoir une belle vue sur toute la vallée, mais encore faut-il gravir toutes les marches du long escalier qui y mène. 
En effet, la vue est exceptionnelle...


D'ici on voit de haut la tourelle de garde que l'on apercevait d'en bas tout à l'heure. 
Un véritable petit perchoir... Il devait falloir être un peu acrobate pour s'y rendre.



Le Danube est juste derrière... D'ici tout parait tout petit.


Une partie des ruines ont été transformées en musées. On entre donc dans des salles creusées à même le roc.


Voici une maquette du château à son apogée. Il épouse vraiment les formes du rocher...


Sont exposés également ici tout un tas d'objets découverts durant les fouilles. 
Voici par exemple l'ancêtre de nos fusils...


Et ça, vous savez ce que c'est... C'est impressionnant le nombre de petits objets qu'ils ont retrouvé ici. Il y a même des dés à jouer.



Pendant l'occupation hongroise du pays, une colonne mémorial avait été érigée sur les ruines du rocher en l'honneur des tribus magyares qui fondèrent la Hongrie. Elle fut détruite lors de l'indépendance de la Slovaquie.



En redescendant de la tour, je croise dans l'escalier un homme exténué qui me demande "est ce que ce sont les dernières marches?".
Je lui mens... il aurait tort de se priver de la superbe vue qu'il y a là haut!



L'autre bâtiment encore (plus ou moins) debout du château avait été construit pour servir d'habitation pour les seigneurs du coin, même si ça a l'air bien étroit.


Je rejoins Fred et Pierre-André dans le petit musée dédié lui aussi aux résultats des fouilles... mais cette fois-ci préhistoriques et néolithiques. Le site serait habité depuis la nuit des temps. On y a trouvé des tombes mais également une miche de pain restée intacte.



En parlant de pain, nous commençons à avoir faim et nous hâtons donc un peu le pas...
Voici l'ancienne église dont il ne reste que le pavement et dont on peut ainsi apercevoir la forme.



Plus loin il y a une profonde cave où étaient entreposées les munitions, et enfin voici l'ancienne entrée du site, dont les grilles sont maintenant fermées...


Avant de quitter les lieux, félicitons donc les jardiniers (moutons et ânes): le gazon est parfait messieurs-dames!



Pour déjeuner, nous n'allons pas nous rendre bien loin: il y a un restaurant tout simple en face de la sortie, mais qui sert du goulash de cerf! Fort en goût ce goulash...
Fred prendra à la place un Halusky, avec un petit drapeau planté dedans.
En dessert tout le monde prendra une Sachertorte... pas aussi bonne que celles de Vienne, mais quand même moins chère.



Un dernier café et nous rejoignons l'arrêt de bus qui se trouve juste devant: le n° 29 dans lequel des types essaient d'entrer en mangeant leur glace. "No Ice Cream" leur lance le chauffeur.


A peine le temps de dire ouf et nous sommes déjà arrivés à Bratislava. Maria m'a envoyé un message: ses invités suivant arrivent à 15h, il faudra donc récupérer nos valises directement chez elle. 
Elle nous attend donc derrière sa porte, et nous lui rendons les clefs en la félicitant pour son accueil.
On est bien pressés de retraverser la ville jusqu'à la gare routière, mais moi je dois faire un arrêt au distributeur automatique de fromage pour acheter un peu de ce fameux fromage Spaghetti: Ovcie Nite, de son vrai nom.


Une fois arrivés à Nove Most, nous montons dans notre bus qui nous attend déjà: le Regio Jet en direction de Vienne, qui va nous y amener pour un prix défiant toute concurrence: 5€!
En plus ce bus est un bus grand luxe: petit écran individuel avec jeux, films... et café offert par notre hôtesse.



En chemin, je reçois un message du proprio de notre AirBnb de Vienne: il ne trouve pas la clé que nous lui avions laissé sur le paillasson. Il semble pas être très dégourdi le gars!
Nous franchissons un champ d'éoliennes, signe incontesté que nous avons bien franchi la frontière...
Bye bye Bratislava!


Notre voyage n'en est pas fini pour autant, car nous voilà arrivés à Vienne où nous passerons encore 2 jours. Notre bus nous laisse à la station de métro Stadion. Ce soir c'est jour de match entre l'Autriche et la Finlande.
Ce voyage dans la capitale slovaque fut court mais plein de découvertes...

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