Music in the sky

samedi 27 mai 2017

Lisbonne - Jour 4 - Partie 3 - Un tramway nommé 28

Nous sommes dans le train qui nous ramène de Sintra à Lisbonne, et moi et mes deux compères devisons de ce que nous allons visiter demain... qui sera notre dernière (demi) journée au Portugal. C'est décidé ce sera un musée.
Et le tramway 28 que nous avons croisé plusieurs fois lors de notre séjour, sans avoir le temps d'y monter, celui qui est ancien, et qui passe par l'Alfama, le Chiado, etc... Pourquoi ne le prendre ce soir?


Quand nous arrivons Praça di Rossio, il fait encore jour mais on sent que le soleil ne va pas tarder à faire sa révérence...
Le départ du tram nommé 28 se trouve praça do Martim Moniz, pas loin d'ici, mais sur le chemin, nous sommes attirés par un étrange petit magasin vers lequel plein de monde se presse... à moins que nous n'aillons été attirés par une forte odeur de cerise...


Dans ce petit estancot, on ne vend que de la Ginjinha maison. Dégustation au verre ou achat en bouteille. Le patron, derrière le comptoir, manie les cerises qu'il a fait macérer dans l'alcool.

D'après la petite histoire, le Ginjinha de Lisbonne a été inventé ici même, dans ce petit magasin. C'est un galicien qui il y a presque 100 ans adapta une recette de sa région en mélangeant des cerises amères, de l'alcool du sucre et d'autres ingrédients secrets.
Cela a plu et c'est devenu l'une des boissons préférée des lisboètes... et des touristes.



Bien sûr, Fred et Florence ne résistent pas à la tentation. Quand à moi qui ne boit pas d'alcool, je me contenterais de sentir un peu les effluves qui se dégagent des verres... non merci!
Le soir venu, les gens sortent profiter de la fraicheur. Il y a une petite brocante improvisée...
Lisbonne, ville de la tolérance...


 Une fois sur la place Martim Moniz, force est de constater que nous n'avons pas été les seuls à avoir eu l'idée de prendre le tramway 28: plein de touristes sont là pour nous accompagner... super!
Quand arrive enfin notre joli véhicule, on se retrouve debout dans les allées d'un tramway bondé... ambiance métro aux heures de pointe...


En plus, tout au long du parcours de nouveaux venus viennent encore gonfler les rangs des sardines dans la boite!
Dans ces conditions, ne comptez pas sur moi pour faire de belles photos du paysage. Tout ce que je peux photographier, c'est ça: 


Sur le coup, j'avoue que j'ai pensé à une arnaque, et je me dis que les locaux doivent éviter la ligne 28, de peur de tomber sur la tribu des touristes que nous sommes...
Mais gardons patience: nous avons prévu d'aller jusqu'au bout de la ligne avant de faire demi  tour et petit à petit qu'on arrive au bout, le tramway se vide.
Ça y est: nous sommes au terminus...


Nous ne sommes plus qu'une poignée de touristes. Le chauffeur lance un "Everybody out!" et nous laisse attendre quelques minutes devant le cimetière, pendant que certains des touristes se prennent en photo sur les marches du tram.


Sur le chemin et de loin, j'ai vu des gamins qui s'accrochaient au marche pied du tram afin de ne pas payer le voyage. Je me rappelle que j'avais déjà vu ça lors de mon précédent voyage à Lisbonne... il y a presque 10 ans.



 Enfin bon, même pas le temps de pisser, le 28 repart, moins bondé qu'à l'aller et je m'installe juste derrière le chauffeur.


C'est vrai que le vieux tram ne manque pas de vigueur, et il passe parfois dans de petites rues exiguës, à 5cm des murs... une vraie prouesse du conducteur qui manie sa manivelle à merveille.


Cette fois-ci on n'ira pas jusqu'au bout du chemin: on décide de descendre au mirador de Santa Lucia et d'aller diner dans le quartier de l'Alfama...


Pour être honnête, je suis pas très fan de la cuisine portugaise: c'est souvent de la viande grillée servie avec du riz et des frites...
Enfin bon, les rues du quartier de l'Alfama  sont vides et les habitants sont assis dehors à papoter entre voisins. Visiblement il a encore fait très chaud aujourd'hui ici. Pour le coup passer la journée à Sintra c'était une bonne idée...


Du coup on ne sait pas où aller chercher notre restaurant pour ce soir. On va jusqu'au bout d'une rue jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de choix, puis on revient sur nos pas pour s'arrêter devant un restaurant qui a l'air sympa et est spécialisé dans les grillades.


Le chef est installé dans sa bulle, aux commandes de son grill et la patronne, qui parle bien français, prend nos commandes. Ça a l'air de bien marcher car ils ont une terrasse presque pleine.
Nous on s'est installés à l'intérieur... il fait sacrément chaud à côté de ce grill!


Bœuf grillé, grosses tranches de porc grillé, et un riz aux haricots et chorizo. Je ne prend même pas de dessert tellement c'est copieux!

Le ventre plein, nous repartons tranquillement dans les rues de la ville. C'est notre dernière soirée à se perdre dans les rues de Lisbonne...
On s'arrête un instant au mirador de l'église de Graça pour prendre un dernier café, puis on décide de rentrer, non sans avoir une dernière fois perdu notre chemin (enfin ce sont surtout Fred et Flo qui veulent toujours aller dans la mauvaise direction)...


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Ginjinha:


Trawmway 28:

   

Alfama:

 

samedi 20 mai 2017

Lisbonne - Jour 4 - Partie 2 - De château en château

Aujourd'hui, les châteaux se suivent mais ne se ressemblent pas!
Car après le kitchissime château da Pena, nous allons en visiter un autre, puis encore un autre, et chacun aura son style bien à lui.
Le premier de ces châteaux n'est pas bien loin, il suffit de quelques minutes à pied en longeant la route...


Voici le château des Maures, appelé ainsi parce qu'il fut construit... par les maures au 8ème siècle(bah oui). Il fut par la suite perfectionné par les rois chrétiens, car comme vous pouvez le voir sa situation tout en haut d'un rocher lui donne une position stratégique, et une superbe vue sur tous les alentours...


Il est construit à 450m d'altitude... donc il va falloir monter!
T'es sûr que tu veux pas nous accompagner monsieur le chat? Oui c'est ça repose toi... fainéant.
 

Construit donc par les Maures, le château passa de mains en mains, le pays ayant été plusieurs fois envahi par les musulmans venus du sud, mais il finit par être abandonné au fil des siècles. Il fut réhabilité au 19ème siècle, mais plus comme un lieu de souvenir et de balade pour la bourgeoisie de l'époque... le moyen age était alors à la mode.


En face j'aperçois encore un autre château moyenâgeux. Quoique...Avec ses murs tout propres et ses fenêtres, ça a l'air d'être un faux, vous ne trouvez pas?



Nous voilà arrivés devant la muraille du château des Maures.
Les fortifications - réhabilitées - sont dans un parfait état, et on peut parcourir tout le chemin de ronde qui monte tout en haut. Et oui ça monte encore...
Mine de rien, même si il n'y a pas de constructions à l'intérieur, l'enceinte de ce château est immense... Allez courage... va falloir aller tout là bas au bout...


En jetant un œil en bas, On comprend pourquoi l'endroit était un point de défense stratégique, car on a vraiment une vue à 360° sur les 2 côtés de toute la vallée... et sur Sintra qui est juste au dessous. 


Tenez regardez le palais national, que nous allons visiter tout à l'heure (avec ses deux cheminées pointues et arrondies), et plus loin le Quinta da Regaleira, que nous n'aurons pas le temps de visiter...



 Parmi toutes les tours de la muraille, la plus haute est la Torre Real (la tour royale). On dit qu'un écrivain portugais y aurait vécu tout seul au XVIème siècle.


Il y a moins de monde que pour le palais de La Pena (ça c'est sûr), et on peut dire que le style est totalement différent. Pas de couleurs criardes, pas de statues, pas d'azulejos... Bin oui quoi! Ici on est dans un château défensif, pour protéger la région, pas pour se la péter devant ses potes de promo!


Un drapeau arabe flotte encore sur le château. En plus de la muraille, une énorme citerne construite par les maures a été retrouvée ici. L'ensemble est bien sûr classé patrimoine mondial par l'UNESCO.


En revenant vers la sortie, on peut apercevoir des tombes découvertes dans l'enceinte du château. Certaines sont chrétiennes et d'autres musulmanes...
Par contre ces trous creusés dans la roche restent un mystère. On pense que ce serait un moyen de mettre au frais les aliments pendant l'été...


On s'arrête un instant à la cafétéria du château des Maures pour boire un café et parler popote, musique, etc... puis on prend notre courage à deux mains et nous voilà repartis!
En venant, on avait remarqué un petit chemin à travers la forêt qui permet de descendre tout en bas dans la vallée... on n'aura finalement pas beaucoup utilisé notre pass bus 1 jour.


Pour une fois, ça ne monte pas, ça descend. Voilà les premières maisons du village et l'ambiance change du tout au tout: fini les arbres et le calme place aux voitures bruyantes et à la pollution.



Il y a quelques magasins de souvenirs dont un qui vend du Ginjinha, la célèbre liqueur à base de cerise qui est la spécialité du coin. Il propose de la déguster dans des coupelles en chocolat.
Sintra parait être une plus petite ville que ce que j'aurais pensé... Cette petite rue étroite me fait penser à la rue d'un village de ma Provence natale.


Nous passons devant l'annexe de la fameuse pâtisserie Piriquita, conseillée par mon guide, et qui prépare la spécialité d'ici, et dont je ne me rappelle plus le nom...  tant pis! Je vais prendre ces genres de friands à la frangipane, et on décide d'aller les déguster en s'asseyant sur les marches du palais national, tout proche...


Mmm... pas mauvais, mais je préfère les pasteis de Belem!
La place devant le Palacio nacional est presque vide: les cars de touriste ont déserté la place. Tant mieux: notre visite du palais se fera au calme, et nous aurons en plus tout notre temps: le palacio ferme à 19h et il est à peine 17h30!


 Construit lui aussi sur les fondations d'un château mauresque, le palais national a lui aussi un style architectural bien à lui: architecture manuéline mélangeant différent styles. Il est plus austère que le Palais da Pena (bon ça c'est pas difficile) et aussi plus lumineux...


 On voit quand même en passant d'une pièce à l'autre les ajouts successifs, les changements de style, et puis plein de petits escaliers dissimulés. La construction du château ayant duré du XIIIème au XVIème siècle, on a l'impression que celui-ci a été constamment agrandi, pièce par pièce... sans vraiment aucune logique. On s'y perdrait presque.



L'une des choses les plus remarquables dans ce palais ce sont... les plafonds! Chaque pièce est appelée du nom des motifs qui ornent son plafond. Ici nous sommes dans la salle des cygnes, la plus vaste salle du palais, utilisée pour les fêtes de la cour.



Ensuite nous accédons à une petite cour, un genre de petit patio ombragé. Ce n'est pas vraiment aussi grand que les palais de Versailles, mais je pense que ce qu'on cherchait surtout dans ces jardins, c'était l'ombre.


On aperçoit bien ici les 2 cheminées de la cuisine, qui ont une forme bien particulière. On penserait qu'elles aient été conservées du château mauresque initial, mais en fait non: elles datent du XVIIIème siècle.


Dans un coin de la cour, cette petite pièce à l'ombre permettait de trouver un peu de fraicheur durant les chaudes journées d'été: les murs couverts d'azulejos sont percés de petit trous qui peuvent diffuser une brume rafraichissante. L'ancêtre du brumisateur!


Levons la tête: nous sommes dans la salle des pies, car les petites pies dessinées au plafond portent dans leur bec la devise du roi: "Por Bem" (pour le bien).



C'est Manuel Ier qui a relooké le château en dernier et y a fait intégrer pas mal de ce style mudéjar qu'il a découvert à Séville. 
D'ailleurs beaucoup d'Azulejos font penser aux arabesques que l'on trouve en Espagne...


 La prochaine salle se nomme la salle des... (levons la tête)... navires! Je pense que je n'ai jamais autant photographié de plafond de ma vie...



Par la fenêtre, j'aperçois un joli petit jardin à la française (plutôt exiguë). Par contre je ne sais pas comment on peut y accéder...


Nous allons pénétrer maintenant dans ce que l'on pourrait appeler le clou de la visite: la salle des blasons, qui était jadis utilisée par le roi pour les réunions importantes et pour recevoir ses invités de choix.
Et bien majesté, permettez moi d'entrer...



Le plafond de bois est entièrement sculpté et contient les blasons de tous les vassaux du roi (72 grandes familles), avec au centre les armes royales, entourées des emblèmes des 8 enfants du roi Manuel Ier (6 garçons et 2 filles: celui des filles est représentés à l'intérieur d'un losange), et en périphérie les nobles.



La luminosité de la pièce renforce l'impression que procure ce plafond sur le visiteur, et à force d'avoir les yeux en l'air, on en oublie de regarder les azulejos qui décorent les murs, qui sont pourtant tout aussi beaux...


J'aime bien ce style d'azulejos bleu et blanc. Dans celui-ci, des angelots sont peints en trompe l’œil pour faire de délicates frises.
Regardez ces deux là qui se tiennent la main... trop mignon.


Tout de suite après il y a la chapelle palatine, avec son plafond d'inspiration Mudéjar.


Là aussi les murs sont peints avec des motifs répétitifs... après les cygnes et les pies, voici les colombes avec en leur bec une branche d'olivier...



Il nous reste encore à visiter les cuisines royales, qui sont construites en retrait du château, certainement pour éviter les risques d'incendie. C'est sûr qu'elles n'ont rien à voir avec des cuisines modernes: spacieuses et sans vraiment beaucoup de meubles.


Jetons un œil sur les célèbres  cheminées, qui sont en fait tout au dessus de nous... marrant quand même comme cheminées!


Avant de partir, une dernière pièce, et un dernier émerveillement devant cet immense lustre de verre... il est tellement grand que je pense qu'il ne rentrerait même pas dans mon petit studio parisien! Ou alors il toucherait le sol...


Voilà notre tour du palais est terminé! Nous sommes dehors avec plus grand chose à faire. Je regrette un peu de ne pas être allé visiter le palais de la Quinta de la Regaleira, mais de toute façon on n'aurait pas pu tout voir en un jour!


Je ne sais plus lequel de nous trois a eu l'idée de prendre le bus pour faire un tour complet de Sintra. En tout cas nous avons du mal à l'expliquer au chauffeur qui ne comprend pas pourquoi nous ne prenons pas l'autre bus qui va direct à la gare. Enfin bon! Nous sommes dans notre bus et il fonce à toute allure à travers la montagne, dans les petites rues, dans les montées et les descentes...
Le tour de manège se termine et nous arrivons à la gare juste à temps pour le départ du train.
Notre journée au pays des châteaux est terminée...

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Château des Maures:

 

Sintra:

 

Palais National: