dimanche 16 janvier 2022

Paris - Jour 6 - Partie 1 - Le secret de la pyramide

Encore une fois pas de grasse matinée aujourd'hui... jusqu'au bout se lever tôt!


C'est notre 6ème jour et ça commence un peu à devenir une routine de visiter Paris... Je pense que pour visiter ma ville en touriste il faut au moins 1 semaine. 
Mais quand vous vivez ici, parfois une simple balade peut réserver plein de découvertes...


Je m'aperçois que je n'ai toujours pas photographié les fontaines Wallace, qui sont pourtant l'un des emblèmes de Paris. Il y en a une juste dans ma rue.
Ces fontaines sont un cadeau d'un lord anglais tombé amoureux de la ville. Installées dés 1872, il en reste 120 aujourd'hui. Leur but était d'apporter à chaque parisien de l'eau fraîche et potable...


Le métro part de la place de la République et nous amène jusqu'à la place de la Concorde, où ils sont en train de démonter la tribune présidentielle du 14 Juillet... on est patriotique ce matin!
Je commence d'abord par m'approcher et à tourner autour de l'obélisque afin de tenter de le prendre sous son meilleur angle.


Celui-ci vient directement du temple de Louxor (en Egypte), ce qui en fait le plus ancien monument de Paris (plus de 3000 ans). Il y avait en fait 2 obélisques jumeaux sur le site devant le temple, offerts tous les deux à la France en 1836 par le vice-roi ottoman, en guise de cadeau diplomatique.
Mais seul l'un des deux a été transporté ici par la France: le deuxième obélisque se trouve encore là-bas, et on a renoncé officiellement à le récupérer dans les années 1980.
En échange le roi Louis Philippe offrit à l'Egypte une grosse horloge de cuivre qui fut installée à la citadelle du Caire... mais qui n'a jamais fonctionné!


En face ce sont les champs Elysées, avec l'arc de triomphe au bout. Toujours aussi impressionnante cette vue...
Transporter l'obélisque de Louxor jusqu'ici ne fut pas une mince affaire. Il fallut construire un bateau spécialement aménagé pour l'accueillir, que l'on amena sur le Nil au plus proche du temple. Ensuite on attendit 6 mois que la crue du fleuve soit complète afin de repartir vers Alexandrie, puis enchainer un long voyage vers Rouen et remonter la Seine... Tout ça dura plus de 5 ans!


Les 2 fontaines de la place de la Concorde sont également très connues. Juste après l'érection de l'obélisque, on décida d'aménager la place comme il se doit, et de dédier 2 fontaines à la gloire du génie naval français (le ministère de la marine étant situé sur cette place).
Alors il y a la fontaine des fleuves (avec des statues représentant le Rhin, le Rhône, etc...) et la fontaine des mers (où l'on voit quelques animaux aquatiques).


Devenue un haut lieu de rassemblement populaire lors de la révolution française, c'est sur cette place que la guillotine fut installée afin de couper bien des têtes (plus de 1000), dont la plus célèbre est celle de Louis XVI, suivi de Marie Antoinette, sans oublier Danton et Robespierre...
C'est pour effacer ces souvenirs sanglants que l'on décida d'ailleurs d'installer ici l'obélisque, monument politiquement neutre pour la France...


Puisque nous sommes là, nous pouvons aller jeter un œil sur l'assemblée nationale, qui se trouve de l'autre côté de la Seine. L'occasion pour nous de jeter un œil sur le fleuve, avec ses nombreuses péniches.
Au fond là bas on voit le gros bâtiment d'Orsay, ancienne gare ferroviaire reconvertie en musée. 


En zoomant un peu plus, on peut voir jusqu'aux tours de Notre Dame, avec devant nous la passerelle Solférino et derrière le pont des Arts, autre passerelle très fréquentée...
Se balader en bateau sur la Seine, ça doit être certainement l'occasion d'apercevoir parmi les plus beaux bâtiments de Paris...


Voici donc le palais Bourbon, bâtiment où se réunit l'assemblée nationale. Avant la Révolution c'était la résidence privée des princes de Condé, mais il fut réquisitionné et pris en 1798 la fonction qu'on lui connait aujourd'hui: accueillir les assemblées élues du peuple.
Apparemment ils sont en travaux en ce moment...


Depuis la révolution, le palais Bourbon a dû s'adapter aux différents régimes politiques qui se sont succédés, à l'image de son fronton qui fut plusieurs fois remaniés: figurant tout d'abord Napoléon de retour de bataille, il fut remplacé par un bas relief montrant Louis XVIII offrant la charte constitutionnelle aux français, puis enfin celui que nous voyons aujourd'hui, moins polémique: une allégorie de la France en compagnie de la Force et de la Justice.


De retour sur le pont, jetons un petit coup d'œil par dessus le parapet: les voies sur berge ont définitivement été débarrassées de leurs voitures, ce qui fait le plaisir des joggeurs et des cyclistes... ça aussi c'est une agréable balade à faire...


Et au delà on aperçoit une silhouette bien connue, et les statues dorées du pont Alexandre III, qui mène au jardin des invalides...
Ce pont fut construit pour l'exposition universelle de 1900 et porte le nom de l'empereur Alexandre III afin de symboliser l'amitié franco-russe. Prouesse technologique pour l'époque, son unique arche de 45 mètres de large et de 107 mètres de long est entièrement en métal. 
La particularité de ce pont est aussi qu'il est illuminé de 32 candélabres qui à l'époque étaient alimentés au gaz.


Retour à la place de la Concorde: c'est devant l'obélisque que se trouve l'entrée du Jardin des Tuileries, où nous allons pénétrer maintenant...
Il continue la longue ligne droite qui commence à La Défense puis passe par l'Arc de Triomphe, les Champs Elysées, les Tuileries et finalement le Louvre. Rappelez vous: on l'avait aperçue depuis le toit de la Grande Arche, le premier jour de notre voyage...


Le jardin est bien vide à cette heure matinale...
Les chaises, d'habitude prises d'assaut au bord du bassin, sont toutes vides.
Inutile aussi d'aller voir la fête foraine qui se trouve sur le bord du jardin. Elle n'est pas encore ouverte...




Le jardin tient son nom du palais des tuileries, qui fut construit ici en 1564 par Catherine de Médicis, tout juste veuve. Le palais était alors séparé de celui du Louvre (palais royal par excellence) par de grands jardins à l'italienne. Il traversa les siècles jusqu'à ce que les communards n'y mettent le feu en 1871. On ne le reconstruisit pas...


Le nom même de 'tuileries' fait référence à une fabrique de tuiles qui se trouvait sur les lieux au XIIIème siècle. 
C'est sous Louis XIV que le jardin pris son style actuel: André le Nôtre le redessina aux goûts du jour, avec de larges lignes droites bordées d'arbres, et il fut offert aux parisiens qui investirent très vite les lieux...


Voyez, c'est exactement ce que je disais: d'ici on voit très bien la perspective de la ligne qui relie l'obélisque, puis l'Arc de triomphe et au fond l'arche de la Défense... 
On appelle celui-ci "l'axe historique de Paris".



Le parc est agrémenté de plusieurs statues représentant des légendes mythologiques, mais il y a aussi quelques œuvres contemporaines.
Sur le côté, on aperçoit la grande roue de la fête foraine des tuileries, qui s'installe ici chaque été pendant deux mois.


En continuant (toujours par notre ligne droite), on se dirige peu à peu vers le Louvre, et on gravit les marches de l'esplanade construite au dessus de la voie routière. 


Nous changeons de jardin puisque nous sommes officiellement dans celui du Carrousel. Il se trouve à l'emplacement exact de l'ancien palais des Tuileries, et est donc plus moderne que les bâtiments alentours. D'ailleurs les statues y ont été installées seulement en 1964 et sont toutes du même artiste, Aristide Maillol. J'aime bien celle-ci (La rivière), où la dame en question se trouve dans une position totalement... improbable.



Au centre de la place se trouve l'arc de triomphe du Carrousel. Il rend hommage aux victoires de la grande armée de Napoléon, tout comme l'arc de triomphe auquel il fait face. D'ailleurs tous les deux sont issus d'une volonté de l'empereur...
Mais avant Napoléon la place possédait déjà un passif de lieu de représentation militaire, car elle tient son nom du Grand carrousel, un spectacle d'équitation que fit jouer ici Louis XIV en 1662.


Nous voici enfin dans la cour du Louvre et je commence à prendre quelques photos de la pyramide.
C'est en 1981 que François Mitterrand, fraîchement élu, annonça que le vieux musée allait faire un gros lifting, et que l'ensemble allait être repensé par l'architecte sino-américain Leoh Ming Pei. 
Garder les bâtiments historiques tels quels tout en y intégrant des équipements modernes, ce fut un défi que voulut exprimer l'architecte en intégrant cette grande pyramide de verre au milieu de la cour Napoléon.
Inutile de dire que cela fit scandale à l'époque...


Extérieurement le bâtiment garde toujours son charme historique: on peut se balader entre les arcades où quelques musiciens profitent de la fraicheur du matin...


On peut accéder à la cour intérieure du Louvre, qui se nomme 'cour carrée'... parce qu'elle est carrée. 
Elle est aussi superbe la nuit venue, car des éclairages ont été installés tout autour de la place et en magnifient les statues, subtilement éclairées par dessous...


De là, on peut tourner à droite et franchir le porche qui mène vers la Seine et le pont des Arts...
De l'autre côté on aperçoit la coupole de l'Institut de France, où sont réunis les académies des Sciences et des Arts.  


Cette passerelle est installée ici depuis 1804 et tient son nom du palais du Louvre qui fut baptisé 'Palais des Arts' sous Napoléon.
Elle est très fréquentée par les touristes et notamment les amoureux qui avaient pour habitude d'attacher des cadenas au grillage des barreaux du pont. Il y en avait d'ailleurs tellement que cela mettait en danger la robustesse de la passerelle, qui menaçait de céder sous leur poids. On remplaça donc le grillage afin que l'on ne puisse plus rien y cadenasser...


Encore une nouvelle photo de la Seine sous nos yeux, toujours aussi belle...
Ce matin j'ai un peu la chanson de Vanessa Paradis et M dans la tête: "Sur le pont des Arts - mon coeur vacille - entre deux eaux. - L'air est si bon - Cet air si pur - je le respire - nos reflets perchés sur ce pont."
A moins que ce ne soit un air de Brassens: "Si par hasard - sur l'pont des Arts - tu croises le vent, le vent fripon - Prudence, prends garde à ton jupon."



Comme vous le voyez, la suppression du grillage n'a pas empêché certains andouilles de faire perdurer cette stupide tradition!



Retour du côté du Louvre mais on ne va pas revenir par la cour carrée, on va plutôt contourner par la droite et longer le palais. 
D'ici on peut apercevoir le beffroi de l'église Saint Germain l'Auxerrois. Etant l'église la plus proche du Louvre, elle est intimement liée au palais car ce fut au début la paroisse attitrée des rois qui y résidaient. Elle devint également plus tard l'église attitrée des artistes, notamment quand ceux-ci furent logés dans les ateliers du Louvre...


On continue par la rue de Rivoli qui va nous ramener vers l'entrée du musée...
C'est l'une des plus longues et des plus anciennes de Paris, prolongeant l'axe historique depuis la place de la Concorde jusqu'à Saint Paul, et même jusqu'à la Bastille si on lui adjoint le petit tronçon de la rue Saint Antoine. 



Nous voici place du palais royal, avec le palais en question où nous avons vu les colonnes de Buren l'autre jour...


Et enfin, retour devant la grande Pyramide, juste à temps car le musée va bientôt ouvrir...
D'habitude il y a plein de touristes qui se prennent en photo dans des positions particulières, faisant participer la pyramide à leur shooting instagram, mais là...
Et puis tout à coup ça me revient: nous sommes Mardi! 
Le musée du Louvre est fermé le Mardi! Ha zut!


C'est quand même très con. Moi qui y vais si souvent au musée du Louvre! Je me suis même promis que j'allais tenter de le faire en entier... et y'a du boulot en fait, car c'est bien le plus grand musée du monde. En quelques heures nous aurions seulement réussi à faire un tout petit échantillon de tous les chef d'œuvres du musée... mais au moins on en aurait fait un peu... Tant pis!


Donc du coup... on fait quoi? On se repose?
Je décide tout d'abord d'aller dans les galeries du Louvre, m'asseoir au Starbuck Coffee devant un matcha latte et réorganiser mon planning du jour.
Bon, finalement on va bien trouver autre chose à visiter...


Lors de la reconstruction de 1989, Leoh Ming Pei a aménagé sous le Louvre tout un complexe de magasins, lieux d'accueil et de conférences, avec des puits de lumière composés de pyramides renversées, qui font le bonheur des touristes... enfin d'habitude.


Les travaux ont également permis de mettre à jour toute une partie du Louvre médiéval, enfoui sous la terre, avec cette large muraille et plus loin (à l'intérieur du musée) les bases des donjons et des fossés de l'ancien château.


Bon bin on n'a plus grand chose à faire ici... On va changer de quartier: direction le métro. 
Et justement les quais de la station Louvre-Rivoli vont finalement nous permettre de voir (un peu) quelques œuvres du musée. 


Des reproduction de statues ont en effet été disposées dans des vitrines sur les murs de la station.
On pourra au moins dire qu'on aura vu ça aujourd'hui!


Bon, notre rame est arrivée: ligne 7 direction Jussieu...
Allez... ciao madame!
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