mercredi 16 septembre 2020

Bratislava - Jour 3 - Partie 2 - Du haut de la montagne

 Reprenons donc la route, toujours pour notre excursion en plein dans la chaîne de montagne des Tatras, en compagnie de notre conducteur et guide pour la journée, Michal.


En plus d'être reconnues comme réserve de biosphère par l'UNESCO, les Tatras forment une frontière naturelle avec la Pologne, avec plus d'une vingtaine de sommet de plus de 2500 m d'altitude.


Nous voici enfin arrivés à destination: le vieux village préservé de Vklovinec. Éloigné de tout, il a été classé en 1993 au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.


Nous garons notre voiture sur le parking visiteur à l'écart du village et nous dirigeons alors vers l'unique rue du village, et ses maisons de bois colorées...


L'hiver avec la neige le village est encore plus difficile à atteindre, mais il y a quand même 17 personnes qui y vivent encore à l'année. Son nom imprononçable dérive du mot 'piège à loup' car ce genre de piège était courant à l'époque dans la région.



Le village date du XIVème siècle, et ses maisons si particulières sont typiques de la région des Carpates. Il y en a 43 en tout, en parfait état.
Bon par contre la sculpture d'indien ne doit pas être d'époque...


Ces toits aux formes pentues (adaptés à l'excès de neige) me rappellent ceux du village de Shirakawago que nous avions visité au Japon avec Fred. Lui aussi est inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO (Shirakawago, pas Fred).


Nous grimpons donc la pente de l'unique rue du village, bordée de ces multiples maisons colorées tout droit sorties d'un conte pour enfant...
Michal nous fait remarquer que la plupart des bâtisses n'ont pas de cheminée pour ne pas payer la taxe qui était en vigueur à l'époque. A l'intérieur, la fumée de l'âtre s'amoncelait donc au plafond où on accrochait des morceaux de viande qui étaient donc ainsi fumés. Bon il y avait quand même des orifices sur le bord des toits pour que la fumée finisse par sortir...


Au centre de la rue il y a un minuscule ruisselet qui devait jadis alimenter le village en eau. Une dame sort de sa maison pour venir y laver ses chaussures...


Nous pouvons visiter l'intérieur d'une des maisons transformé en musée: du mobilier traditionnel a été installé pour reconstituer l'ambiance de l'époque.


Dans la pièce à côté, un petit magasin a été installé pour vendre des souvenirs aux touristes. C'est monsieur le maire qui tient la caisse...


Le village avait aussi son beffroi (datant de 1770), qui lui aussi a une forme bien particulière...


La rue du village n'est pas bien longue. Deux nouvelles maisons sont pourtant en train d'être construites (avec plus ou moins de respect avec les méthodes traditionnelles: ils ont bien installé une cheminée par exemple). Ça fait bizarre de voir du bois tout neuf...


C'est vrai que vivre ici ça doit être particulier, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut renoncer au confort de la vie moderne!


On retourne à la voiture en bifurquant sur le côté du village où se trouve l'église, qui est d'une facture beaucoup plus classique. Le petit cimetière se trouve juste à côté.


Des ouvriers municipaux sont en train de creuser une petite rigole d'écoulement des eaux sur le bord de la route, et ils travaillent... à leur rythme on va dire.


Avant de repartir nous nous arrêtons au camion installé à l'entrée du village et qui vend du miel de la région. Michal veut absolument nous faire goûter l'une de ses récentes découvertes: une liqueur au miel ou à l'abricot. Il en achète d'ailleurs 2 bouteilles. Quand à moi, ce sera un pot de miel et un pot de pate à tartiner miel-café.


Nous avons droit à un peu plus de route pour accéder à notre prochaine étape qui se trouve en plein dans les hautes Tatras. 


Notre voiture traverse la ville de Ruzomberoc, connue pour son usine de papiers, et nous comprenons pourquoi en traversant les épaisses forêts de conifères qui couvrent les petit Tatras, dans lesquels nous nous engouffrons...
Ici aussi les incendies d'été ont ravagé quelques arpents, et les arbres repoussent tant bien que mal.


Michal voudrait nous montrer le fameux pic des Tatras avec sa forme recourbée (celui qui figure sur les pièces de 1€) mais les nuages nous en empêchent. D'ailleurs un orage éclate bientôt...
Mais quand nous arrivons à destination la pluie s'est bel et bien arrêtée. Et... miracle! Revoilà le soleil accompagné de son arc en ciel préféré.


Nous voici à la station de ski de Strbské Pleso, joyau des Hautes Tatras.
En 1872, un noble de la région décida d'installer son pavillon de chasse dans le paysage bucolique de ce petit lac de montagne. Le lieu attirera bien vite la bourgeoisie slovaque qui pouvait accéder aux lieux plus facilement grâce au train: randonnée l'été et ski l'hiver.


C'est le moment de quitter notre voiture et de partir pour une balade autour du lac, avec cette image de carte postale en face de nous: le tremplin de saut à ski, haut de 150 mètres, date de 1970 et accueillit les championnats du monde de 1980 à 1987...


... et à droite le grand hôtel au toit pointu. Malheureusement il y a trop de vent pour avoir un reflet net du paysage sur la surface du lac... la photo serait alors parfaite!


Les hôtels derrière nous ont l'air assez select, avec piscine et complexe thermal dernier cri. Par exemple le Grand hotel Csorba avec ses 5 étoiles (230€ la nuit).


Nous continuons notre du lac en observant les premières neiges en haut des montagnes et les sculptures de bois disséminées sur le chemin...


L'hiver le lac est complètement gelé (155 jours par an) et rajoute au charme de l'endroit. On y joue alors au polo...
Et l'été une équipe de bénévoles nettoie le lac de toutes les saloperies laissées par les touristes.


L'une des sculptures de bois représente un ours. Il parait qu'il y en a qui rodent dans la région.



Pendant que Michal va chercher notre Mercedes Pierre-André et moi nous mettons en quête de toilettes publiques que nous trouvons finalement bien cachées, et à 30 centimes. 
On se presse de retourner à la voiture pour entamer notre voyage retour.


Nous faisons un dernier arrêt devant le grand lac artificiel de Liptovska ou normalement (mais pas aujourd'hui) on a une belle vue sur les montagnes Tatras. 
On n'a pas beaucoup de chance aujourd'hui avec le temps. En venant en période estivale on a droit généralement dans le tour guidé à une visite de grotte et à un téléphérique mais à cette époque tout est déjà fermé...


Nous sommes donc en avance sur notre planning, et le guide nous propose de faire un détour par un chemin plus agréable que l'autoroute. Pourquoi pas? 
De toute façon moi je m'assoupis sans arrêt... la voiture moi ça m'endors. Heureusement que c'est pas moi qui conduit.


Un nouvel arrêt dans un restaurant caché entre deux vallées et où on peut aussi observer la fabrication du fromage local (celui qui ressemble à des spaghettis).


On a une superbe vue depuis la terrasse de ce restaurant...
Nous reprenons la route mais nous n'en n'avons plus pour longtemps (ou alors je me suis endormi). D'ailleurs voici la grande usine kia que nous avions aperçue ce matin. Son parking est plein de voitures...
Et puis voilà la ville de Zilina, où Michal veut nous montrer la maison de Peter Sagan, fameux coureur cycliste ayant rapporté 3 championnats du monde.


Et puis voilà la gare, et il est temps de nous séparer... On paie les 220€ convenus à notre guide en le remerciant comme il se doit. On achète nos tickets pour Bratislava: on a un peu de temps, on va faire un tour dans les magasins de souvenir...
Nous cherchons un peu mais on ne trouve rien: tout et fermé et la place conseillée par Michal est un peu loin. Et puis à vrai dire... on n'a pas tant de temps que ça!
On file donc à la gare attendre notre train... qui a 15 minutes de retard (si on avait su).


Et le train aura encore plus de retard à l'arrivée car il fera de longs arrêts inexpliqués durant le trajet.
Heureusement que - comme nous l'avait expliqué Michal - il y a aussi un vrai wagon restaurant dans ce train... oui un vrai avec des nappes blanches et tout et tout!
Va savoir pourquoi Fred n'a pas envie de dîner. On se retrouve donc en tête à tête avec Pierre André pour un bon poulet Strogonof.



Après avoir repéré le serveur qui en dégustait dans un coin, nous nous voyons forcés de commander des crêpes à la crème fouettée en dessert. Miam!
Il y a du grabuge dans le wagon d'à côté: des mecs bourrés mettent le snack bar sens dessus dessous et  le contrôleur est appelé. Heureusement ils ne viennent pas nous embêter...


Nous arrivons à Bratislava avec bien entendu 40 minutes de retard et comme pour ce matin , c'est un peu la cohue pour attendre le bus. On trouve finalement le bon arrêt. Ils font des tickets de transport à 30 centimes qui durent 15 minutes... ça suffira bien pour nous mener à destination.
Nous arrivons enfin à l'appartement, juste avant minuit... complètement crevés... quelle journée!

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