samedi 3 février 2018

Riga - Jour 2 - Partie 3 - L'empreinte du passé

Cette sympathique journée dans la capitale lettone continue, une journée de fête...
Il y a une certaine animation dans la ville cet après midi, avec plein de choses à faire.
Alors allons-y!


On peut... jouer au basket sur le terrain construit devant l'opéra. Ici le basket est le sport numéro 1.
On peut aussi... faire du pédalo sur le canal?
Non, on va d'abord chercher un restaurant pour déjeuner!


Mais dénicher un restaurant ne sera pas chose facile. Je cherche tout d'abord le LIDO que j'ai repéré sur mon guide mais bien entendu je ne le trouve pas, et quand je finis par le trouver, il y a une file d'attente énorme, ce qui me pousse à aller voir ailleurs...
Et pendant tout ce temps, je ne peux m'empêcher de lever mon objectif pour prendre quelques clichés de cette partie de la ville dans laquelle il est vrai c'est la première fois que je mets les pieds.


Voilà la tour poudrière au loin: datant du XIVème siècle, c'est l'unique rescapée des 18 tours de l'enceinte protectrice de la vieille ville. Elle a servi de magasin de poudre (d'où son nom), mais aussi de prison, de salle de torture, et abrite maintenant le musée de la guerre.


Ces deux bâtiments côte à côte, construits dans un style gothique, ce sont la grande et la petite guilde, où jadis se réunissaient les guildes de marchands (dans la grande guilde) et celle des artisans (dans la petite guilde, chacun la sienne).


Il faut sans cesse lever la tête et rester attentif pour observer les multiples détails de l'architecture des bâtiments qui nous entourent. Par exemple sur celui-ci qui ressemble à un château de conte de fée, avez vous remarqué le jeune garçon qui lit? Vous ne le voyez pas? Attendez je zoome...


Voilà! C'est toujours utile un bon zoom sur son appareil photo...


Avec tout ça je n'ai toujours pas trouvé de restaurant pour déjeuner...
Nous sommes sur la grande place de la cathédrale, avec ce bâtiment rougeâtre qui avant était la bourse de Riga (et maintenant un musée d'Art).


Et juste en face, voici la grande cathédrale du Dôme de Riga. C'est la plus grande église des pays baltes, et elle fut fondée en 1211.
Il parait que le son de son orgue de 6768 tuyaux résonne avec fracas dans l'immensité de l'église.
Mais ce sera pour plus tard car je vous le rappelle je cherche un restaurant...


Tiens, il y a aussi un genre de drakkar exposé sur la place. Cela doit être l'une des nombreuses animations organisées pour les fêtes de la ville...


Bon, j'en ai un peu marre de tourner. Il va falloir se motiver pour trouver un restaurant... sinon je vais terminer la journée avec une tête... comme celle là:


Je vais finalement manger à la terrasse d'un restaurant un peu chic (le premier que je trouve sur mon chemin, ou presque): jus de carotte, truite fumée et glace en dessert.
Ça fait du bien de se reposer un instant avant de reprendre la route...


Nous repassons devant le bâtiment emblématique de la ville, celui de la guilde des têtes noires, et cette fois les maisons ne sont plus à contre jour.
Mais notre destination c'est le gros truc noir qui se trouve à sa droite...


C'est le musée de l'Occupation. Si l'architecture du bâtiment fait un peu tache parmi les élégantes bâtisses du centre ville, c'est que c'est l'unique construction de l'ère soviétique que les Lettons ont conservé dans le centre. Comme un genre de témoignage des temps difficiles.
Et quoi de plus normal que d'y installer le musée qui décrit les horreurs de la domination communiste et nazi qu'a subie le pays?


L'entrée est gratuite mais il est possible de faire une donation. Le musée n'est pas très grand puisqu'il fait un seul étage mais ça tombe bien car je crois qu'il ne me reste que 2h pour le visiter...


L'Histoire est racontée de façon chronologique. Tout d'abord on évoque le traité secret germano-soviétique, dans lequel Hitler s'engageait à ne pas attaquer la Russie, en échange de quoi - l'accord étant secret - Staline pouvait se présenter comme protecteur des pays baltes et leur offrir sa protection.
Et puis... prendre le pouvoir au cours d'élections truquées, comme il l'a fait en Lettonie.


Les années 1940/41, années de terreur où les déportations de masse en Sibérie commencèrent. Quand quelqu'un était déporté, il partait même avec femme et enfants! Mais la vie dans les camps était horrible, comme en témoigne cette reconstitution de baraquement. De simples planches de bois contre l'hiver de la Sibérie.


La surpopulation dans les camps était telle que dans les baraquements ils dormaient les uns contre les autres et que si l'un se levait la nuit il ne pouvait réintégrer son lit. Et surtout ce gros baquet dans le coin de la pièce faisait office de WC pour toute la cabane (bien sûr sans papier). Et les maladies comme la diarrhée se transmettaientt de l'un à l'autre facilement...


Puis voici l'année 41, qui vit l'invasion des nazis et la persécution des juifs. On évoque surtout le massacre de Rumbula, où plus de 25000 personnes trouvèrent la mort.


Rassemblés dans le ghetto de Riga, les juifs furent forcés de quitter le ghetto et de marcher vers Rumbula (à 12 km de là, en plein hiver), où des fosses les attendaient. 6000 moururent sur le chemin, les autres furent assassinés par balle. Il parait que le massacre dura toute la nuit: on forçait les victimes à se déshabiller avant d'être exécutées, puis des soldats étaient chargés de faire le tour des corps pour finir les blessés une balle dans la tête. Des jeunes filles s'échappèrent mais furent retrouvées à la gare ferroviaire et ramenées pour être exécutées comme les autres.


Seuls 6 rescapés sur 25000. Moi ça me fait toujours marrer les gens qui doutent de l'existence des chambres à gaz. Y'a pas besoin de gaz pour exterminer les gens...
Il parait qu'une simple stèle commémorative a été installée sur les lieux du massacre. En effet, les soviétiques, qui ont pris le pouvoir à la fin de la guerre, n'appréciaient pas non plus beaucoup que les juifs soient mis en avant...



La mainmise de l'URSS sur le pays n’entraîna pas beaucoup de protestation à l'ouest, malgré les tentatives des lettons émigrés à l'étranger.
En prenant le pouvoir sur le pays, la Russie y fit venir également beaucoup de ses ressortissants, notamment pour travailler dans l'administration et même dans le gouvernement (le nombre de ministres lettons dans le gouvernement pouvait se compter sur les doigts d'une main).


A l'heure actuelle, il y a encore beaucoup de russes qui vivent dans le pays, et il y a même des journaux russes.
L'exposition se termine par une salle dédiée au mur de Berlin, avec des photos de tags et de réjouissances. Je ne me rappelle pas avoir vu les émouvantes lettres de déportés à leur famille, dont m'avait parlé Elina. Je pense que cette partie du musée a été remplacée par la salle sur le mur de Berlin.


Juste à temps pour la fermeture du musée!
Je me retrouve dehors, à me balader aux alentours. La statue qui se trouve en face du musée est elle aussi l'une des rescapées de l'ère soviétique.


Je retourne du côté de l'église Saint Pierre, où se trouvent les étals du marché du Moyen age: il y a le vendeur de tisane, le maréchal ferrant, le tanneur...


Il y a une dame qui tient un vrai furet dans ses bras...


Et puis il y a aussi des animations, comme des jeux pour enfants, ou le tir à l'arc...


Je n'avais pas remarqué ce matin cette étrange sculpture qui représente des animaux les uns sur les autres, et qui font de drôles de têtes. En fait ils chantent, car cette oeuvre s'appelle "les musiciens de Bremen". C'est issu d'un conte des frères Grimm, qui raconte comment 4 animaux domestiques, abandonnés par leurs maîtres car ils sont trop vieux, arrivent à faire partir d'une maison leurs habitants en les effrayant par leurs cris, puis finissent par s'installer dans la maison abandonnée qui devient leur foyer...


Il y a plein de gens partout qui se baladent comme moi, et pleines de rues à découvrir, comme ce passage dans lequel se sont installés de jeunes musiciens. Ils jouent du funk et c'est pas mal du tout - ils ont d'ailleurs un public conquis.


Je longe la rue Arjelu est ses immeubles élégants dont certains sont de style Arts Nouveaux, et me voilà sur la place Lina Laukums où il y a aussi beaucoup de monde.


Et dans le coin, là, il y a un autre emblème de la ville de Riga: la maison du chat noir. On raconte que le propriétaire de l'immeuble, s'étant vu refuser l'entrée de la Grande Guilde (dont la maison se trouve juste en face) aurait fait installer cette petite sculpture de chat qui montrait alors ses fesses aux membres de la guilde en face. Finalement le marchand taquin fut accueilli par ses pairs, à condition que le chat soit retourné du bon côté.
Vous ne voyez pas le chat en haut du toit?
Attendez je zoome:


Marrant, non?
Je crois que j'ai acheté un porte clé à l'effigie de ce chat.
Nous en avons vu déjà pas mal pour aujourd'hui... mais la journée n'est pas finie! Elle continue au prochain numéro.
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