vendredi 2 juillet 2021

Paris - Jour 1 - Partie 1 - Les deux arches

Réveil difficile ce matin: j'ai veillé jusque tard dans la nuit pour mettre à plat mon programme pour ce voyage un peu particulier dans ma propre ville.
Il faut dire que j'avais un peu tout décidé à la dernière minute...


Mais voilà: ce matin je me retrouve dans le métro comme tous les autres jours, entouré de travailleurs qui vont à leur boulot, tout comme moi... les autres jours, car aujourd'hui moi, je suis en vacances!
Et comme vous pouvez le constater la ligne 1 est vraiment bourrée aux heures de pointe...


Ça m'apprendra à choisir comme première visite parisienne un lieu où l'on va d'habitude pour travailler: le quartier de la Défense!
Dés la sortie de la station de métro me voici tout de suite dans l'ambiance: nous voilà entourés de grands immeubles de bureaux qui découpent leurs longues silhouettes dans un ciel bien bleu.


Et, alors que je croise sur mon chemin plein de salarymen pressés, voici que je me balade tranquillement mon appareil photo en main.
Nous sommes tout au bout du large parvis de la défense qui se termine par la grande arche qu'on aperçoit au fond, et où plusieurs œuvres d'artistes ont été disséminées. 
A commencer par la large fontaine monumentale construite par Yaacov Agam, adepte de l'art cinétique.


Les longues vis colorées de la fontaine semblent se dresser pour accompagner la verticalité des buildings environnants, ou encore celle de la tour Eiffel qu'on aperçoit au loin.


Un peu plus loin il y a aussi d'autres œuvres plus récentes, comme ce jardin éphémère de tournesols.
Eux aussi semblent tenter de se dresser vers le ciels tels des buildings végétaux...


C'est sympa de voir un peu de nature au milieu de tout ce béton.
C'est ce que doivent aussi se dire les quelques abeilles qui butinent tranquillement les grosses fleurs jaunes...



Quand à moi, tête en l'air mon objectif ne cesse d'être attiré par les gratte ciels qui m'entourent, qui semblent se disputer la première place sur mes photos...
C'est en 1958 que l'on décida de construire ici un grand quartier d'affaire à la place des multiples usines qui s'y trouvaient.



On va rester dans la verticalité avec une nouvelle œuvre d'art: cette colonne construite par Raymond Moretti. 672 tubes de fibres de verre colorés qui recouvrent une vieille cheminée de 32 mètre de haut.


Celle-là je crois que c'est une œuvre temporaire et sponsorisée: une rue mise sens dessus-dessous.


Au milieu de toutes ces œuvres contemporaine, voici la sculpture la plus ancienne du parvis. Elle date de 1883 et était donc déjà sur les lieux bien avant la construction du parvis, et fut enlevée puis remise. 
En fait il s'agit du monument qui a donné son nom au quartier: "La Défense de Paris". Il rend hommage aux victimes du siège parisien de 1870, durant lequel les habitants résistèrent à l'encerclement prussien.


Plus loin, voici deux personnages imaginés par Joan Miro en 1978.
Ils semblent en pleine discussion...


Et en face une autre sculpture emblématique du parvis: l'araignée rouge d' Alexander Calder. 15 mètres de haut et 75 tonnes...



Le CNIT est le premier édifice qui a été construit sur le parvis en 1958. Il s'agissait alors d'en faire un lieu d'exposition pour montrer les réalisations de notre bonne vieille industrie française.
Il est en partie en travaux en ce moment, mais a été réhabilité plusieurs fois. Notamment quand on construisit la dalle du parvis de la Défense, qui suréleva le sol de toute l'esplanade. Le CNIT perdit alors 3 étages.


Jetons un œil à l'intérieur. Le bâtiment ne sert plus de lieu d'exposition et accueille maintenant magasins, restaurants et bureaux. Mais il a conservé son toit de béton caractéristique...


On ressort de l'autre côté du bâtiment pour admirer le pouce de César
Gros pouce, non? 12 mètres de haut et 18 tonnes. C'est une œuvre emblématique de l'artiste, qu'il a reproduite à différentes dimensions et dans différentes matières... 
Moi j'aime bien.



Au milieu de l'esplanade il y a en ce moment des stands qui proposent de la cuisine du monde. Certainement à cause de la coupe de monde de football qui a lieu en ce moment (la finale c'est dimanche). Je note aussi une affichette qui annonce le traditionnel bal des pompiers du 13 Juillet. Il se passe toujours quelque chose à la Défense!



Un petit zoom sur ceux qui ont le travail le plus cool du coin (quand il fait beau).
Ça me fait penser à "La tour Montparnasse infernale"... Quand on est cinéphile...



Mais dirigeons nous maintenant vers le but principal de notre visite: la Grande Arche. Car oui si la Défense n'est pas un lieu incontournable pour le touriste lambda (ce n'est même pas à Paris), on aurait depuis ce bâtiment l'une des plus belles vues sur les champs Elysées...


Mais pour cela, il faut prendre de la hauteur en empruntant l'impressionnant ascenseur vitré situé sous l'arche. 15€, c'est pas vraiment donné, mais le personnel est aux petits soins: un jeune groom vous accompagne dans l'ascenseur en vous donnant quelques renseignements sur le bâtiment.


La grande arche de la Défense fut construite en 1989 pour les célébrations du bicentenaire de la révolution, et se veut le pendant de l'Arc de Triomphe auquel il fait face et dont il reprend la forme.
Dans le hall on peut apercevoir une série de photos qui ont été prises durant la construction. L'architecte Otto Von Spreckelsen n'eut pas le temps de voir la fin des travaux car il décéda avant. Il avait prévu une structure spéciale afin de construire en même temps les deux tours qui composent les côtés de l'arche et finir par déposer le toit en une seule fois par dessus. Une prouesse technologique!


Et nous voilà donc enfin sur le toit de l'édifice, avec 35 étages aux dessus de nous, et la vue tant attendue...


Le quartier d'affaire de la Défense est le premier d'Europe par sa superficie de bureaux et le deuxième (après Londres) pour le volume d'activités financières, avec plus de 2500 entreprises et 180000 salariés sur 160 hectares. Mais il y a aussi 600 000 m² de logements et un grand centre commercial.


On voit bien entendu les buildings de chaque côté de l'esplanade, mais on est surtout surpris par la ligne qui passe au milieu et va jusqu'à l'arc de Triomphe, pour continuer encore jusqu'à la place de la Concorde et la Pyramide du Louvre. Malheureusement on voit aussi très bien le nuage de pollution qui enveloppe Paris.


Plus étonnant: entre deux grattes ciel, voici la silhouette de la tour Eiffel, cachée au milieu du panorama...



Et de ce côté il y a aussi le bois de Boulogne, avec ce bâtiment futuriste qui émerge des arbres: c'est le musée de la Fondation Louis Vuitton. Ça me fait penser que je n'y suis toujours pas allé...


En regardant vers l'Est, c'est à dire à l'extérieur de Paris (à Puteaux), on peut apercevoir la toute nouvelle salle de spectacle U Arena, inaugurée par un concert des Rolling Stones. Elle reste à ce jour la plus grande salle de spectacle d'Europe.


Des panneaux explicatifs nous désignent les différents points d'intérêt: les deux tours noires là ont été inspirées aux architectes par le monolithe du film 2001 l'odyssée de l'espace.


Il y a aussi les 3 tours de la Société Générale, qui portent chacune le nom d'une pierre dont un exemplaire est incrusté dans l'un des murs de chaque tour.


Il y a aussi des immeubles d'habitation à la Défense, comme ces genres de 'nuages' de couleur vert ou bleu gris


Je découvre aussi le mont Valérien, forteresse devenue lieu de mémoire de la seconde guerre mondiale. J'en avais déjà entendu parler mais j'ignorais qu'il se trouvait à côté de Paris... 
C'est là que furent fusillés plus d'un millier de résistants durant la guerre.
Là aussi c'est un lieu que je n'ai pas encore visité... je crois que c'est sur réservation.


Avant d'emprunter l'ascenseur, je fais un tour dans les salles d'exposition où en ce moment a lieu une rétrospective du photographe Pascal Maitre.


Colorées et violentes, ses images sont impressionnantes, prises pour la plupart dans des pays pauvres ou en guerre...
Je resterais bien plus longtemps mais il faut que je parte: je suis déjà en retard sur mon planning.


Alors... après la grand Arche de la défense, nous allons visiter... devinez!


Tout d'abord il faut prendre le métro jusqu'à l'arrêt Charles de Gaulle Etoile, puis trouver le tunnel qui permet d'accéder sous l'Arc de Triomphe et où on peut prendre ses billets. La file d'attente est impressionnante: heureusement que j'ai acheté mes billets à l'avance sur Internet!


Donc en fait c'est logique, nous allons maintenant faire un bon dans le passé: après le toit de l'arche de 1989, nous allons monter sur celui de l'arc de 1806!


Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines: ici il n'y a pas d'ascenseur et il va falloir gravir les marches du long escalier en colimaçon. J'en croise beaucoup qui se sont arrêtés pour reprendre leur souffle dans la montée...


L'escalier débouche sur une première grande salle avec le magasin de souvenirs et la projection d'un film sur l'histoire du bâtiment. 
De retour de bataille, Napoléon aurait promis à ses soldats qu'ils défileraient dans Paris en passant sous une véritable Arc de triomphe, comme le faisaient les armées de la Rome antique. Voilà qui me rappelle mon voyage à Rome... vous vous souvenez des arches du forum?
L'arc ne fut pourtant terminé que bien plus tard, sous Louis Philippe. 


Il fut donc utilisé pour diverses parades militaires, mais aussi pour les funérailles de Victor Hugo qui rassemblèrent une foule immense sur les champs Elysées.
Le dernier défilé militaire qui passa sous l'arc de Triomphe fut celui des troupes victorieuses de la guerre de 14-18. Mais ce fut une victoire si amère que l'on décida que plus aucune armée ne passerait par là, et pour s'en assurer on y installa la tombe du soldat inconnu.


Montons maintenant sur le toit pour voir l'une des plus belles vues de Paris.
Et cela se sait: il y a quand même du monde...
De plus, ils sont en pleine préparation des festivités du 14 Juillet: des techniciens ont installé des barrières et préparent les drapeaux.


Et notre première photo sera pour la Défense, que l'on aperçoit au bout de l'avenue. Tout à l'heure, nous étions exactement tout là bas...


D'ici on aperçoit encore mieux les monuments de Paris tout autour de nous: La tour Eiffel pointant au dessus des toits...


... et voici la large avenue des Champs Elysées qui se termine par l'obélisque de la Concorde.


C'est le moment de faire le tour des monuments que nous allons visiter dans les jours qui vont suivre...


Bien sûr nous irons sur la colline de Montmartre et nous gravirons les escaliers du Sacré Cœur d'où l'on a une autre fabuleuse vue sur les toits de Paris...


Et là bas derrière le drapeau de la verrière du Grand Palais, il y a la silhouette noire de la tour Montparnasse. Là aussi on doit avoir une belle vue... et c'est prévu au programme.
Ça fait envie tout ça!


Une fois redescendu, je décide de faire encore un peu le tour de l'édifice où il reste plein de choses à voir.


Du haut de ses 50 mètres, l'arc de triomphe est tout entier dédié à la gloire des victoires de l'armée française durant la Révolution et l'Empire, batailles dont les noms tapissent les murs intérieurs des piliers: Breslaw, Tourcoing, Le Caire, Lubeck... en tout 158.



Les façades extérieures sont ornées de plusieurs bas reliefs évoquant eux aussi des batailles (Aboukir, Jemmapes, Austerlitz...) et de 4 grands hauts reliefs: Le triomphe (représentant Napoléon couronné), La Résistance et La Paix...



Mais la plus connue et la plus emblématique des quatres reste celui de François Rude : Le départ des volontaires de 1792, surnommé aussi La Marseillaise.
C'est vrai que l'expression du visage de son ange libérateur, qui semble crier "Aux armes citoyens!", est impressionnante.



Juste sous l'arc, voici la flamme de la tombe du soldat inconnu
Alors que je m'approche, un grand père est en train d'en expliquer la signification à son petit fils.
C'est en 1920 que l'on décida d'ensevelir ici le corps d'un soldat mort sur le champ de bataille et non identifié. L'horreur de la guerre de 14-18, avec ses morts par milliers et ses conditions inhumaines, poussa les politiques à imaginer une sépulture-hommage à cet endroit.
Ce n'est qu'en 1923 que l'on installa au dessus la flamme éternelle . Elle est ravivée tous les jours.


Plus loin, voici gravé sur le sol l'appel du 18 Juin 1944 du Général de Gaulle. Je décide de le lire jusqu'au bout, avec la voix chevrotante du général dans la tête.
Le dernier mot est-il dit? L'espérance doit-elle disparaitre? La défaite est-elle définitive? Non.


Il est temps pour moi de suivre un autre appel: celui de mon ventre car l'heure du déjeuner est arrivée!

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