lundi 7 décembre 2020

La Valette - Jour 5 - Partie 3 - A tombeaux ouverts

 Après une visite de la citadelle de Mdina, nous voici juste à côté dans la ville de Rabat où nous nous dirigeons vers les catacombes de Saint Paul.


Tout comme Mdina, Rabat est habitée depuis l'Antiquité. Les deux villes n'en faisaient qu'une jusqu'à ce que les arabes décident de la diviser en deux car ils trouvaient l'agglomération trop grande... pour les standards de l'époque. 
Entourée de remparts, Mdina ne put s'étendre et ne possède que 300 habitants, alors que Rabat... plus de 11000!


Les catacombes en question se trouvent de part et d'autre de la rue et elles se visitent donc en deux parties. Il faut prendre un ticket à l'entrée et cette fois-ci c'est Pierre-André qui paie (on fera nos comptes à la fin). 
Il y a d'abord une série de petits films sur les catacombes: leur découverte, leurs utilisations diverses, etc... 


Puis une petite exposition sur les rites funéraires du temps des phéniciens et des romains, qui sont les principaux 'résidents' de la nécropole que nous allons visiter.
On nous décrit par exemple les funérailles, qui étaient très codifiées: chacun devait suivre le cortège funéraire en prenant soin de porter un voile sur sa tête, et seule la femme du défunt devait rester tête nue. Il y avait des pleureuses professionnelles et parfois même des acteurs sensés 'jouer' le rôle du défunt en portant le masque mortuaire de celui-ci.
Durant la période de deuil la famille était toute entière mise 'en quarantaine', confinée chez elles jusqu'à ce que l'on fasse une grande fête permettant de déclarer que l'on s'est débarrassé de "l'odeur" du mort...



Le corps du défunt était d'abord brulé (en utilisant parfois des parfums pour cacher l'odeur de chair calcinée). Les restes étaient ensuite disposés soit dans des tombeaux pour les plus fortunés, soit dans de simples amphores pour les autres. On pouvait même parfois réutiliser des amphores ayant déjà servi.
Seulement 1 romain sur 4 arrivait à dépasser l'âge de 40 ans... mazette!


Une autre salle évoque les légendes urbaines au sujet de ces catacombes: le cochon qui s'est perdu dans le dédale de ses couloirs et est ressorti à l'autre bout de la ville ou encore la classe d'écoliers qui s'y seraient perdus et qu'on n'a jamais retrouvés (leurs âmes hanteraient les lieux)...
On dit aussi que les catacombes auraient été creusées par des géants!


Bon! Assez de blabla. Passons dehors pour découvrir les tombeaux proprement dits: 21 entrées (dont certaines fermées) permettent d'accéder à autant d'ensembles de salles souterraines...
A l'époque romaine la nécropole avait été construite en dehors de la cité... elle est aujourd'hui en plein centre historique.


Nous descendons donc par les escaliers qui nous mènent dans un dédale de couloirs et de salles où se trouvent les différentes tombes (vides).
Il était en effet habituel de réunir les groupes dans des tombeaux communs que se partageaient les familles, corps de métier, ou même religion...


Certaines ensembles sont très grands avec plusieurs salles et des couloirs. D'autres sont plus petits.
La forme de chaque sépulture change également: cela peut représenter de vrais tombes avec arches et stèle sculptée (tout ça creusé dans la pierre)...


... ou bien des genres de 'coffres' creusés dans les murs, voire même une petite étagère dans un trou encore plus petit.


Dans certaines salles il y a un genre de table ronde creusée au milieu de la pièce. On pense que cela servait à déposer les offrandes ou à faire des libations... 


Si ces catacombes portent le nom de Saint Paul, c'est que Rabat est connue pour avoir accueilli le saint lors de son naufrage sur l'île en 60 après JC, et il aurait alors résidé 3 mois dans une grotte située non loin d'ici...


Et bien entendu il en profita pour semer ici les graines du christianisme, en tout cas c'est ce que dit la légende.
Néanmoins la communauté chrétienne s'est développée très tôt parmi les habitants de cette colonie romaine...



... en témoigne cette croix creusée dans l'un des tombeaux de la nécropole, indiquant que des chrétiens étaient enterrés ici.
Etonnant de voir comment les nouveaux venus se sont adaptés aux rites funéraires romains et reposent en fait juste à côté des croyants d'autres religions...


Pour les chrétiens, musulmans et juifs , il n'était pas d'usage d'incinérer ses morts avant de les enterrer comme chez les romains... donc ça prend tout de suite plus de place. D'où l'idée d'aménager de grandes nécropoles souterraines. Jusqu'à présent on a découvert 3km² de galeries et de tombes dans la ville, mais on pense qu'il y en a encore à découvrir dans les environs...
 

Dans cette catacombe on peut voir une menorah (un chandelier à 7 branches) pour indiquer que des familles juives étaient enterrées dans ce tombeau, ce qui montre que la population de l'île était déjà multiculturelle à l'époque...




Je me demande toujours à quoi devaient ressembler les tombeaux à l'époque de leur utilisation, alors que les trous étaient scellés et que les familles venaient voir leurs défunts... Quelle devait être la vie de celui qui a écrit ces mots sur le mur à côté de la tombe familiale?


Au bout d'un moment, de catacombe en catacombe, la visite finit par devenir un peu répétitive, même si je fais pas mal de belles photos souterraines... 
Poussez vous monsieur s'il vous plait...


Que faire maintenant? On retourne tranquillement vers la citadelle avec la ferme intention de s'arrêter en chemin pour étancher notre soif. C'est Pierre-André qui invite...


Un vieux bonhomme nous force un peu la main pour aller boire un verre dans le 'jardin' de son restaurant - en fait une simple terrasse. Ils n'ont pas d'Iced Coffee, mais on se contentera de Kinnie et de jus de fruits frais. 
On tarde aussi un peu à nous apporter l'addition, ce n'est donc pas une adresse géniale... on ira diner ailleurs.


Retour à Mdina en essayant de ne pas prendre la porte principale, histoire de changer d'itinéraire...
Alors... quad, moto, drones et segway interdits dans la citadelle... c'est bon on a laissé nos segway à Gozo.


On se balade donc à pieds dans les petites rues vides de la citadelle. A cette heure-ci, les cars de touristes ont évacué les lieux et les magasins et musées sont sur le point de fermer.
En fait l'intérieur de la citadelle est tout petit...


Tout à l'heure nous n'avions pas eu le temps de visiter la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul. Construite en 1693 à la suite du séisme qui détruisit la précédente église, elle se trouverait à l'endroit exact où le gouverneur Publius, premier évêque de Malte, aurait été converti par Saint Paul.


Si l'intérieur n'est pas aussi éclatant que la cathédrale de La Valette , il en est tout aussi élégant...
Plusieurs sculptures, peintures et fresques ont pu être sauvées de la précédente cathédrale, qui était de style normand.


Tout comme dans la cathédrale Saint Jean à La valette, nous sommes impressionnés par les dalles funéraires de marbre sous nos pieds, colorées et pleines de détails, avec sur chacune les armoiries des riches nobles enterrés ici...


On continue ensuite à marcher au hasard, en tentant de repérer un restaurant pour ce soir, et notre choix se porte sur un endroit un peu chic nommé 'Medina'. Promis on revient vers 19h... dés que ce sera ouvert.
On s'assoit donc un instant sur le bord des remparts, à observer le soleil disparaitre doucement à l'horizon...


L'heure est venue: retour à Medina où visiblement il va y avoir du monde ce soir. Il n'y a plus de place dans le joli patio central... mais on se contentera d'une table dans la salle voutée attenante.
Les serveurs posent notre serviette sur nos genoux et nous distribuent le pain avec des pincettes: on n'a pas vraiment l'habitude d'être traités avec autant d'égards dans un restaurant... on se sent limite gênés.
Au grand désespoir de mes deux compères, ce n'est pas un endroit où l'on sert de la bière mais du vin.




Quand aux plats, ils sont délicats et raffinés: monsieur Frédéric commande un plat de lapin dans lequel celui-ci est cuisiné de 3 à 4 façons différentes. Quand à monsieur Pierre-André et moi-même nous prendrons du poisson du jour cuit 'Al forno' dans une coque d'alluminium pour conserver toute sa tendresse. Mmmm c'est très bon. Même le dessert est un cran au dessus: poire cuite agrémentée de glace et de plein de petits trucs délicieux...
Logiquement la note est salée: 117€. C'est à Fred de payer...


Pas le temps d'aller jeter un dernier coup d'œil à la vue depuis les remparts, on se dépêche d'aller prendre notre bus de 21h30.
Bye bye Mdina... Bonsoir La Valette.


Apparemment c'était jour de fête ici aussi car nous croisons des gars en train de démonter une estrade sur la place principale. Mais maintenant la fête est finie, les gens sont partis et tout est remballé...


...et nous aussi nous avons des choses à remballer: nos affaires dans nos valises. Et oui demain on s'en va!

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