samedi 12 décembre 2020

La Valette - Jour 6 - Dernier coup de canon

 Je ne sais pas pourquoi j'ai ouvert les yeux vers 6 heures du mat', incapable de me rendormir. Peut être à cause des voisins du dessus qui parlaient fort et déplaçaient des meubles... de bon matin!
Dehors les oiseaux chantent pendant que nous finissons les restes du petit déjeuner.
J'avais acheté un genre de boisson à l'orchata... franchement dégueu (même diluée dans de l'eau).


Allez c'est maintenant 9h, il est temps de fermer ses valises pour de bon et d'aller faire une dernière balade! 
Dis donc aujourd'hui il y a beaucoup beaucoup de vent... espérons que notre avion arrivera à décoller!


Pour notre dernière visite nous ne comptons pas aller bien loin: le fort Saint Elmo est juste au coin de la rue!


La visite du fort commence par l'extérieur, avec une vue dégagée sur cette partie de la baie et Vittoriosa en face.
L'endroit situé tout au bout de la presqu'île était déjà fortifié du temps des romains, et une petite chapelle dédiée à Saint Elme (patron des pêcheurs) fut construite dans le fort au 14ème siècle, et lui donna son nom.


Le fort est en cours de réhabilitation et il ne peut donc pas encore être visité en entier. 
Sur le côté on peut déjà approcher des tourelles construites durant la seconde guerre mondiale ainsi que des casemates, plus anciennes...


Il y a aussi ces immenses canons un peu rouillés.


Nous allons maintenant pénétrer dans le fort via la petite porte principale, bien gardée par une rangée de soldats...


Notez l'œil au dessus de la porte, emblème de la ville. Il nous regarde d'un air inquisiteur: qui va là?
Ce sont les chevaliers de l'ordre de Malte qui agrandirent et solidifièrent les fortifications pour en faire la pierre angulaire de défense de la baie, et l'endroit fut récupéré par les britanniques qui l'utilisèrent comme caserne...


Tout de suite à gauche, une petite chapelle toute simple amoureusement conservée par un groupe de moines...


Les petits anges au dessus de l'autel ont vraiment une drôle de position... de quoi se faire un lumbago de la colonne vertébrale, vous ne trouvez pas? 


Ensuite, voilà la grande place dans laquelle a lieu chaque dimanche la reconstitution d'un exercice au canon en costume d'époque (In guardia ça s'appelle)... Nous on était à Gozo dimanche... tant pis!



Nous pouvons maintenant commencer à visiter les différentes expositions disséminées sur le site qui abrite maintenant le National War Museum. Il y en a 6 en tout. 


Un peu par hasard j'entre par la dernière salle où des vidéoprojecteurs évoquent l'Histoire récente de Malte: l'adhésion à l'Union Européenne, la signature du traité mettant fin à la guerre froide, les votes pour l'émancipation de l'île par rapport à l'empire britannique, etc...


Puis je reviens à l'ordre chronologique de la visite en retrouvant le chemin de la salle n° 1 à laquelle on accède par les toits...


Nous voici donc à l'âge de pierre avec quelques outils, suivis par des vases de l'Antiquité... Il n'y a pas beaucoup d'éléments dans cette salle (après tout La Valette a son propre musée d'Archéologie).


Entre deux salles d'exposition, le chemin de visite passe à l'extérieur et permet d'alterner avec de superbes vues sur la mer et les toits du fort...


La salle n° 2 a beaucoup plus de choses à raconter que la première salle... et beaucoup de choses intéressantes à lire: Tout d'abord on nous parle de la prise de l'île par les arabes en 870, puis de son rattachement au royaume de Sicile par les Normands avant qu'elle ne passe aux mains de Charles Quint.


Ensuite on évoque l'histoire des chevaliers de l'ordre de Saint Jean, que nous connaissons déjà: leur création pour soigner et protéger les pèlerins sur les routes de Jérusalem, puis leur fuite de la ville sainte lors de l'arrivée des Ottomans. Après avoir tenté de se réinstaller à Tripoli et Rhodes, ils sont accueillis par Charles Quint qui leur cède l'île de Malte (en échange d'un faucon, à lui offrir chaque année). 



Les problèmes ne furent pas réglés pour autant car plusieurs attaques ottomanes  se succédèrent, avec à chaque fois des prisonniers emportés en esclaves par les ennemis. C'était l'époque du sultan Selim et de son fils Soliman le magnifique, qui avec leurs corsaires faisaient tout pour perturber les routes commerciales dans ce coin de la Méditerranée...
Derniers remparts contre l'expansion ottomane, les chevaliers de Malte menèrent alors bataille pour renforcer leur défense, ceci jusqu'au fameux grand siège de Malte de 1565 qui nous sera décrit en détails ici.



La scénographie de l'exposition est très bien faite avec une ligne de temps qui met en relation les évènements majeurs de l'Histoire en Europe occidentale, à Malte, en terre d'Islam et en Asie.


Les différentes étapes de l'attaque ottomane sur la ville nous sont décrites ici: 4 mois de résistance maltaise...
Situé au centre de la baie, le fort Saint Elmo eut une importance capitale lors du grand siège et ce fut donc la première cible que les ottomans ont cherché à neutraliser.  Et c'est ce qui se passa après 36 jours de siège: le fort tomba aux mains de l'ennemi. Les 600 soldats sur place sont abattus, alors que les pertes côté turc se comptent à 6000 hommes. 


Nouveau passage à l'extérieur sur le toit avec la possibilité de jeter un coup d'œil par la tourelle...
C'est donc du fort que les turcs vont mener le siège de Birgu, qui se trouve en face, mais les chevaliers n'ont pas dit leur dernier mot. Ils réorganisent leur défense et résistent. Toutes les tentatives d'assaut sont repoussées. Les turcs bombardent également sans relâche la ville avec leur canons (le bruit est entendu jusqu'en Sicile).


3 mois plus tard, après moulte turpitudes, les turcs commencent à manquer de munitions et leurs hommes de motivation. Ils envisagent d'abord de s'installer pour l'hiver mais reçoivent des messages indiquant qu'une flotte venue d'Espagne est en route pour venir prêter main forte aux assiégés. 
Le pacha décide alors d'abandonner le siège de Malte et d'embarquer toute son armée, direction Constantinople, après une dernière tentative infructueuse...
Avec la Bataille de Lépante, la  victoire des chevaliers lors du grand siège de Malte sonna le glas de la domination ottomane sur la Méditerranée.


Salle n° 3: le siècle des lumières chez les chevaliers de l'ordre de Malte: le baroque, les arts...
Située au centre de la Méditerranée, l'île devient un point d'échange commercial reconnu et les chevaliers s'enrichissent au passage.


Et puis... voilà Napoléon qui débarque!
Sur le chemin de l'Egypte, il expulse le grand maître et les chevaliers. Il abolit l'esclavage 
(principale activité commerciale de Malte à l'époque) et entame l'occupation de l'île.
On ne peut pas dire que les français furent très appréciés par la population maltaise qui d'elle même préféra demander la protection des anglais.



C'est sur cette table que fut signée la reddition des français. L'île passera sous protectorat britannique.
Si Malte avait une telle importance pour les anglais, c'est parce qu'elle permet une escale avant d'emprunter le canal de Suez et rallier ainsi les Indes, qui faisait également partie de leurs colonies.



La chronologie continue et nous arrivons dans la salle 4 en pleine première guerre mondiale.


Si Malte se trouvait finalement assez loin des champs de bataille, elle servit surtout d'hôpital pour les blessés de guerre britanniques (plus de 140000), et obtint alors son surnom d'"Infirmière de la Méditerranée".



Une guerre succède à une autre, voici celle de 39-45 pendant laquelle Malte tenait aussi une position stratégique et dû subir le deuxième grand siège de son Histoire.
Pilonnée par le blitz des avions italiens puis allemands, la population de La Valette dû faire preuve de courage pour résister au feu du ciel.


De son côté, Malte ne possédait que 3 uniques avions Spitfire pour se défendre, auxquels on donna les surnoms affectueux de Hope, Charity et Faith.


C'était le port maritime de La Valette, dans lequel étaient réparés les navires américains, qui était surtout la cible des feux ennemis...


Nouveau passage sur le toit avant la prochaine salle...
Cette partie du fort semble abandonnée et prête à être réhabilitée. 
Dans les années 80 elle servit de lieu de tournage pour le film Midnight Express... est-ce à dire que le fort a des airs de prison turque?


Dernière étape de notre parcours: la salle n° 5 avec la victoire alliée, et la récompense décernée par le roi d'Angleterre à la population maltaise pour son courage durant la guerre: la croix de Saint Georges.


C'est avec les drapeaux des vainqueurs et la jeep du général Eisenhower que se termine notre visite.
Nous sortons de l'enceinte du fort Saint Elmo et comme prévu nous n'aurons pas le temps de visiter l'infirmerie toute proche ni même le film panoramique sur Malte, les horaires de ces deux attractions étant à heures fixes.


Il est presque midi. On fonce à l'appartement récupérer nos valises et... il y a peut être quelque chose que nous pourrions voir avant de partir! Si on se dépêche un peu...
Nous rendons nos clés à la femme de ménage qui se trouve à l'appartement et c'est une dure montée de la rue principale qui nous attend (la dernière). Avec nos valises c'est encore plus difficile...


Moi je crève de chaud il faut que j'enlève ma veste! 
Il semble y avoir encore de nouvelles festivités de prévues sur la grande place car des jardiniers installent des parterres fleuris. Et c'est plein de touristes!


Pierre-André passe en vitesse au magasin de souvenirs pour acheter quelques épices et, dans la rue d'à côté, on passe devant un marchand de fruits qui embaume toute la rue avec ses cageots de fraises. 
Dernières odeurs de La Valette...



Notre destination: le Upper Barakka garden où chaque midi se déroule la cérémonie de tir au canon. On arrive juste à temps mais il faut jouer des coudes pour trouver sa place entre les épaules des nombreux spectateurs.



Juste à temps.
Un soldat se dirige vers les canons situés devant nous et déroule minutieusement les étapes de la cérémonie: insérer la poudre, mettre en place la mèche, ne pas oublier le boulet. Au cas où le premier ne parte pas, il arme un deuxième canon.
Il ne reste plus qu'à attendre le coup de sifflet.


Fuiiit! Booom!
Ce sera ce coup de canon qui annonce notre départ vers d'autres cieux...




Bye bye la Valette! 
Notre bus va maintenant nous mener à l'aéroport en 26 minutes où, après avoir déposé nos bagages, nous prendrons un dernier repas au Hard Rock Café de l'aéroport.
Pour pouvoir digérer mes frites (que je n'ai pas mangées car je n'aime pas ça, mais qui étaient obligatoires dans le menu), je me prends un dessert maxi cobbler aux pommes très miam miam.
Nous retournons à Paris... nous retournons... dans le froid!

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