dimanche 26 avril 2020

Stockholm - Jour 1 - Partie 2 - Les trois couronnes

Notre visite de la capitale suédoise a débuté sous les bon hospices avec un beau ciel bleu et une balade au hasard dans les rues de la vieille ville, et nous allons maintenant continuer avec l'un des lieux emblématiques de Stockholm: l'Hôtel de ville.


On ne sait pas vraiment d'où viennent les 3 couronnes qui figurent sur le blason des armoiries du roi de Suède depuis 700 ans, et qui se trouvent également tout en haut de la tour de l'Hôtel de ville. On suppose qu'elle font référence aux trois pays gouvernés par le roi à cette époque (Norvège, Suède et Scanie), ou encore aux 3 rois qui lui ont donné son heure de gloire. A moins que cela ne soit le symbole biblique des 3 rois mages?


Je continue donc mon chemin sur le pont qui me mène sur l'autre rive pour me rapprocher de ma destination, et en jetant un coup d’œil sur son impressionnante tour.
Après avoir fait un voyage à Copenhague, l'architecte de l’hôtel de ville décida d'augmenter la hauteur de celle-ci afin qu'elle soit plus haute que celle de l'Hôtel de ville de la capitale danoise... éternelle rivalité de voisinage!



Je fais le tour du bâtiment pour en trouver l'entrée, en remarquant les 2 sculptures murales qui l'entourent et qui représentent Stockholm à deux époques différentes: celle du début du 19ème siècle et celle du moyen age.


Voici la première cour, la cour des citoyens. Je suis un petit peu en avance, alors je passe à la boutique de souvenirs pour acheter quelques cartes postales. Il n'y a plus de place pour la visite guidée de 10h je vais donc prendre des tickets pour celle de 11h.


En attendant, faisons un peu le tour du 'Stadhuset' de l'extérieur, à commencer par sa cour fleurie. L'architecture de l'édifice est inspirée de la renaissance italienne, notamment avec cette traversée en colonnades qui donne sur une esplanade avec vue...


Il y a là un superbe jardin avec une belle vue et plusieurs statues.
On peut accéder à l'hôtel de ville directement en accostant son bateau ici. C'est un clin d’œil de plus à la ville de Venise, dont l'édifice s'inspire dans son architecture...


Faisons le tour du bâtiment: sur le côté il y a un monument qui de loin avait attiré mon attention: c'est un cénotaphe dédié à Birger Jarl, l'un des fondateurs de la Suède et de la ville de Stockholm.
Il était logique qu'il se trouve ici, même si son vrai tombeau se trouve ailleurs...


Je remarque aussi ce faux rapace dans le ciel: c'est vrai que depuis mon arrivée ici je n'ai aperçu aucun pigeon...



C'est l'heure du début de ma visite. Je rejoins le groupe à l'accueil: plusieurs touristes chinois et un couple de japonais avec leur bébé tout mignon mignon. N'oublions pas de coller le sticker de la visite guidée bien en évidence sur ma veste pour pouvoir entrer...



Le jeune guide barbu rassemble maintenant ses ouailles et la visite peut commencer.
Le style architectural très particulier de l'édifice est un mélange de divers éléments mais est défini comme 'romantisme national'. Il a été construit dans les années 1920 par un architecte aux goûts très iconoclastes pour l'époque, Ragnar Ostberg.
Le courant du romantisme national s'est développé dans les pays nordiques (on avait vu par exemple la gare centrale à Helsinki) et a pour principale particularité d'intégrer dans la décoration des éléments de l'architecture traditionnelle.


Ici l'architecte est allé plus loin en n'utilisant que des matériaux issus de Suède et des ouvriers locaux.
Pourtant quand on regarde la grande salle que voici on ne peut s'empêcher de penser à Venise avec ces colonnes, ces balcons et ces sols marbrés...
C'est dans cette salle que se déroulent les événements importants: par exemple c'est ici que se déroule le dîner qui suit la remise des prix Nobel.


La salle bleu est bien grande, mais on dit qu'il y a tellement de gens assis à la table des Nobels que chacun est au coude à coude avec son voisin...
Mais au fait, pourquoi l’appelle-t-on la salle 'bleue'? L'architecte avait en effet prévu d'enduire les murs de cette couleur mais après avoir vu le soleil illuminer les briques rouges il changea d'avis. Malheureusement toute la presse parlait déjà de cette fameuse 'salle bleue' bien avant l'achèvement de l'hôtel, et l'on garda ce nom.


Suspendu au plafond, on aperçoit l'immense orgue qui serait le plus grand du pays (10000 tuyaux).
Il y a 2 cours dans le bâtiment: la cour extérieure (où nous étions tout à l'heure) et celle-ci, qui finalement fut couverte d'un toit pour devenir la salle bleue. L'architecte n'était pas tout à fait satisfait de ce plafond tout blanc, mais à vrai dire il n'a pas eu trop le temps de peaufiner son oeuvre, l'hôtel de ville devant être terminé pour les 40 ans du règne du roi.




Nous empruntons maintenant le grand escalier de marbre qui nous mène vers la suite de notre visite, non sans remarquer les petits reliefs figurant sur les colonnes de la salle:  chacun d'eux représente l'emblème d'une des familles de la noblesse suédoise.


Nous passons par un large couloir et traversons plusieurs pièces de moindre importance.


Au bout se trouve la grande salle du conseil de la ville, encore en activité. L'occasion pour notre guide de nous dire quelques mots sur la politique à Stockholm. En ce moment la mairie se situe à gauche, avec plusieurs élus écologistes en force.


Dans cette grande salle où sont rassemblés en arc de cercle les sièges des conseillers, notre regard est forcément attiré par les charpentes de bois peint au dessus de notre tête. Les couleurs font référence à la culture paysanne: le bleu ciel et les motifs colorés utilisés dans les maisons traditionnelles.
On dit aussi que cela fait penser aux travées de la coque d'un bateau viking inversé...


Au début un trône pour le roi de Suède était prévu dans cette salle mais celui-ci ne fut jamais utilisé. Deux autres groupes de touristes viennent d'entrer dans la salle avec leur guide. Ça devient vite un capharnaüm, nous allons donc continuer notre visite dans la salle suivante...


Nous arrivons dans un grand escalier et notre guide nous demande de regarder au plafond les multitudes d'alvéoles qui le composent. Il y en a exactement 100 représentant les 100 conseillers qui siègent dans la salle à côté. Sauf que depuis leur nombre a augmenté: ils sont maintenant 101!


Changement de style dans le grand vestibule suivant, avec ses larges tapisseries de Beauvais datant du XVIIème siècle et  évoquant l'orient et la fête...


Ce n'est qu'une pièce intermédiaire avant de nous faire pénétrer dans la suivante, une large salle bordée d'un côté d'une colonnade bleu sombre et de l'autre par des fenêtres pleines de lumière. Le jeu des contrastes...


La large fresque peinte derrière les colonnes serait une oeuvre créée par le frère du roi lui-même. Peu satisfait par son travail, et par peur que les gens n'osent le critiquer car il était de la famille royale, il refit plusieurs fois son oeuvre et passa beaucoup de temps dessus...
Bien  sûr, il refusa d'être payé pour son oeuvre.


La fresque représente en fait le paysage qui se trouve juste en face, sur l'autre rive du fleuve. C'est exactement dans le thème de cette salle qui oppose l'ombre à la lumière, mais aussi la peinture à la réalité...


Nous terminons cette visite par le clou du spectacle, et en l’occurrence c'est un clou doré, tout comme la salle dans laquelle nous pénétrons... que l'on appelle tout simplement la salle dorée.


Les murs sont entièrement recouverts de mosaïques: de petits carrés en or véritable (plus de 18 millions!). Si l'ensemble est impressionnant, un détail nous saute aux yeux: la tête de ce chevalier - le roi Birger Jarl - coupée par le plafond. Hein?
En fait la décoration de la salle fut réalisée en un temps record à cause de la date butoir: tout devait être terminé pour l'anniversaire du roi. L'artiste venu tout spécialement d'Italie a dû travailler sans canevas et sans esquisse sur les murs de la salle. Et comme il allait de bas en haut... trop tard pour revenir en arrière! C'est ballot...




Notre guide continue en nous faisant la description des scènes représentées: à gauche de la salle il s'agit de personnages historiques ayant construit la grande Suède, avec les 3 rois emblématiques.
A droite ce sont les personnages ayant marqué l'histoire des rois suédois.


Et au fond, la grande déesse blonde représentant la ville de Stockholm avec à ses pieds le reste du monde venu lui rendre hommage...


A gauche l'occident où l'on reconnait la statue de la liberté et la tour Eiffel, et à droite l'orient avec la cathédrale Sainte Sophie d'Istanbul, des éléphants et des chameaux.



Voila notre visite terminée. Notre guide nous amène vers la sortie, non sans être applaudi comme il se doit. Notez ce buste placé juste au dessus de l'escalier qui nous ramène dehors: il s'agit de l'architecte lui même contemplant son oeuvre... avec un air pas très satisfait.


Le guide nous a conseillé de faire également la visite de la tour de l'hôtel de ville, dont l'entrée se trouve de l'autre côté de la cour.
La prochaine séance de visite est pour 12h30, je prends donc un ticket et vais en profiter pour me promener en attendant...


Après l'esplanade devant l'hôtel de ville, plébiscitée par les touristes qui se font prendre en photo devant le fleuve, on peut continuer par une balade le long des quais...


Il y a tout un tas de vieux bateaux amarrés ici, avec devant chacun un petit panneau explicatif indiquant sa date de construction, son histoire et ses différents propriétaires... Un petit musée maritime.


C'est l'heure de la pause déjeuner pour les stockholmois: certains picorent leur boite à repas sur un banc, d'autres font du jogging... Il y a un très beau soleil et en longeant le ponton on peut faire une superbe photo de la ville...


Mais, fini de flâner! Je retourne à l'hôtel de ville pour prendre ma place dans la file d'attente à l'entrée de la fameuse tour. Boudons l'ascenseur et dirigeons nous plutôt vers les escaliers... ce n'est que le début du voyage, on se prétend encore sportif!



Il y a 365 marches en tout pour monter jusqu'en haut... l'architecte avait le sens du détail.
Mais avant d'atteindre les cimes on peut faire un arrêt dans une salle située à mi-chemin avec des reproductions de statues figurant sur l'édifice et de divers objets.



Il y a toute une série de bustes représentant le portrait de chaque ouvrier ayant travaillé pour construire la tour, en compagnie de donateurs.



Plus que quelques marches et nous y sommes! La tour fait 106 mètres de haut.


Nous voici enfin arrivés au sommet. Il y a peu de place pour se déplacer, on comprends que le nombre de visiteurs soit restreint...
Et quel vent! Heureusement qu'il ne souffle que d'un côté de la tour.


On a bien sûr d'ici une vue dégagée sur les alentours... Bonne idée que de faire cette visite en premier, car ça permet de se faire une idée d'ensemble de la ville. Tout d'abord voici l'île sur laquelle nous étions tout à l'heure: Gamla Stan...


Tout contre, ce grand bâtiment est celui du palais royal, que nous irons sûrement visiter. Plusieurs fois par jour, la relève de la garde royale attire une foule de touristes...


Au fond il y a une autre grande île où nous irons également: l'île des musées avec à gauche le gros bâtiment du musée national Vasa. Notez aussi à droite, ces 3 mats de bateau qui sortent d'une structure toute noire. Ça aussi c'est un endroit à visiter absolument...


On commence à apprécier ici quelque-chose qui fera l'un des enchantements de ce voyage à Stockholm: ses panoramas qui allient vieilles maisons, fleuve et îlots de verdure... Une ville bien agréable vous verrez!


A gauche de Gamla Stan, sur la terre ferme, c'est la ville moderne, avec la gare et les buildings d'affaire.


Et à droite, de l'autre côté du fleuve, c'est Söder, l'ancien quartier populaire où vivaient les ouvriers. Au fond à droite on aperçoit même une station de ski construite sur une petite colline...



Le truc blanc et rond au fond, c'est un truc que nous ne visiterons pas, faute de temps et parce que c'est trop loin: il s'agit du globe Ericsson, une salle omnisports qui est le plus grand bâtiment sphérique du monde: diamètre de 110 mètres pour un volume de 600000 mètres cubes.


N'oublions pas de jeter un œil à nos pieds: voici le quai sur lequel nous étions allés nous balader tout à l'heure...


Mais... qu'est ce que c'est que ce boucan? Il y a des gros camions pleins de jeunes gens qui font les fous musique pétante. L'employée de la tour m'explique que c'est une tradition étudiante pour fêter la fin des examens universitaires.


Voilà, mes 40 minutes de visite autorisées sont terminées, l'employé nous enjoint de redescendre... par l'escalier bien sûr!
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