dimanche 8 novembre 2020

La Valette - Jour 2 - Partie 2 - 5000 ans

11h30 passées... nous voici pile à l'heure à la gare routière pour prendre notre bus qui va nous emmener loin de La Valette vers la petite ville de Paola (bon: 6 km c'est pas si loin). C'est le 81 le voilà!


C'est sympa Google Maps: grâce à la géolocalisation je peux repérer exactement où nous sommes sur le plan et choisir le bon moment pour descendre du bus...


Nous voici arrivés vers midi (17 minutes de trajet: c'est ce que je disais, c'est pas bien loin) dans cette petite ville de banlieue bien tranquille...
Pas grand chose à faire à priori, si ce n'est admirer ses rangées de petites maisons de pierre.


On va néanmoins y trouver un endroit pour déjeuner: le Green bean café, petit truc sans prétention si ce n'est de faire de bons wraps et des assiettes végétariennes agrémentées de couscous. C'est un café italien alors les expressos sont bons, et encore plus si on les accompagne d'un canollo sicilien.
L'endroit est sympa et les serveuses efficaces. On a de la chance d'être tombés sur un truc comme ça, car il n'y avait pas grand chose d'autre dans le coin!


Nous sommes en avance sur notre programme, et on a donc largement le temps avant de nous rendre à notre visite suivante, les temples de Tarxien, tout proches.
On y va donc en flânant au milieu de petites rues tranquilles... Personne dehors, ça doit être l'heure de la sieste.



Voici donc l'entrée du site. 
Les temples de Tarxien sont des sites archéologiques encore auréolés de mystère, tant on sait très peu de choses des peuples mégalithiques qui habitaient sur l'île à cette époque.


Les ruines sont depuis peu protégées des intempéries par une énorme tente...
Ils furent (comme souvent) découverts par hasard en 1914 par des paysans qui labouraient leur champ, protégés pendant des millénaires  de l'activité humaine par les sédiments qui les recouvraient.


On commence par contourner les 4 temples de l'extérieur, et on ne peut que constater la forme peu commune de chacun d'eux: en ovale. Aucun des murs extérieur n'est droit. 



La question se pose de savoir comment les constructeurs ont pu transporter ces monolithes sur des kilomètres de distance. Et bien les archéologues pensent que les nombreuses pierres toutes rondes trouvées autour du site on servi de support pour faire rouler les dalles de pierre.



Les 4 sites sont très proches et reliés les uns aux autres, mais ils n'ont pas été construits à la même époque. Le plus ancien (qui est le plus abimé) est daté à 3250 ans avant notre ère et les 3 autres auraient été construits 200 ans plus tard.
On pense qu'il doit y avoir d'autres sites appartenant à ce complexe mégalithique dans le coin, mais l'urbanisation du voisinage empêche de creuser les sols.



Il y a encore plein de questions en suspens sur ces temples. Ces deux spirales au dessous de l'une des portes d'entrée, ne serait-ce pas les yeux d'un dieu qui surveille les visiteurs?


Dans l'abside on peut apercevoir sur les côtés de l'entrée d'un des temples les trous creusés sur lesquels étaient fixés les gonds des portes.



On a découvert également plusieurs poteries sur le sol. Dans ce trou par exemple où l'on a retrouvé plein de petites statuettes représentant taureaux et sangliers, certainement jetés ici en guise d'offrandes aux dieux...




A certains endroits le sol est recouvert de dalles planes et épaisses en parfait état. Pendant un moment les autorités ont tenté de réparer certains blocs avec du ciment pour en éviter l'érosion, mais on s'est aperçu qu'au contraire cela augmentait leur détérioration. Finalement l'installation d'une tente protégeant du vent et des intempéries est la meilleure solution, même si ce n'est pas très photogénique...


Certains archéologues pensent que ces peuplades vouaient un culte à 'Magna mater' , l'idée d'une terre-mère nourricière dont ces deux pieds de statue seraient le témoignage.



Plusieurs autres bas reliefs représentant des animaux ont été découvertes à d'autres endroits sur le site... ainsi que plein d'amulettes et objets aux forme animales...


On pense également que ces peuples avaient des connaissances en astronomie car les temples sont construits de telle manière que les rayons du soleil puissent pénétrer au plus profond des salles à certaines dates précises de l'année.


Le site est quand même dans un état incroyablement bien conservé. Regardez cette grande vasque...
Il n'y a que le toit qui manque, mais on pense qu'il s'agissait d'un toit de pierre.




Il reste encore beaucoup de questions autour de ces temples: on ignore a quoi était utilisée chaque pièce, et certaines gravures sur les murs restent un mystère. Par contre on sait que le site aurait à nouveau été utilisé durant l'époque antique.



Voilà! Finalement cette visite fut plus rapide que prévu, et nous sommes même en avance par rapport à notre rendez-vous à l'Hypogeum (qui ne se visite qu'avec réservation): 14h45. Il nous reste donc 1 heure à tuer...


On tourne un peu en rond... On aperçoit une église d'un côté, et puis plus loin la porte d'un grand cimetière. Pas question quand même de nous éloigner trop de notre destination finale.


Nous finissons par nous retrouver devant l'entrée de l'Hypogeum  où nous n'avons plus qu'à d'attendre simplement à l'intérieur devant le guichet. Malheureusement les photos sont interdites dans le site. Pourtant il y a plein de choses à dire sur ce site patrimoine mondial classé par l'UNESCO.
Je vais donc utiliser des photos glanées sur Internet., et continuer mes explications...


Octopus at Slovenian Wikipedia, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons 

La visite se fait par petit groupe avec un audioguide. Ça commence par un spectacle audiovisuel plus 'New age' qu'instructif, et tout au long de la visite nous serons baignés dans une musique bizarre faite de 'tok' et de 'hummmm' dans nos écouteurs. Un peu gonflant au bout d'un moment...
Le site souterrain est très protégé et nous suivons donc notre chemin délimité sur des échafaudages.


Cette nécropole mégalithique fut découverte en 1902 - par hasard bien sûr - lors de la tentative de creusement d'une citerne d'un immeuble situé au dessus.
En tout il y a 3 étages, 33 salles et 11 mètres de profondeur.
De salle en salle nous remontons dans le temps: les plus anciennes sont presque à la surface, et au fur et à mesure - alors qu'elles se remplissaient -  les cavités étaient creusées de plus en plus profond. 


https://www.smithsonianmag.com/travel/maltas-hypogeum-one-worlds-best-preserved-prehistoric-sites-reopens-public-180963397/

Ce sont des fosses communes: une fois les os séchés au soleil ils étaient entassés dans les salles de la nécropole. On a calculé qu'il y aurait entre 7000 et 30000 personnes inhumées ici.
Le métal n'étant pas encore connu à cette époque, c'est à la pierre que les grottes ont été creusées, la roche étant particulièrement calcaire dans cette région. 
A l'intérieur on s'allumait à l'aide de torche mais des puits de lumière ont également été creusés par endroit. 


On pense que ces grottes mégalithiques sont en relation directe avec les temples de Tarxien en surface (qui ne sont distants que d'une centaine de mètre). Le temple des vivants d'un côté, le temple des morts de l'autre...


https://www.smithsonianmag.com/travel/maltas-hypogeum-one-worlds-best-preserved-prehistoric-sites-reopens-public-180963397/

Certaines salles sont très ouvragées: l'encadrement de ce mur imite par exemple les piliers d'un temple (comme les temples que nous avons visité tout à l'heure), et visiblement des monolithes de pierre ont même été transportés jusqu'ici pour soutenir les portes.



Voici la très impressionnante 'chambre de l'oracle': au plafond on aperçoit des spirales de peinture rouge et un étrange trou a été creusé dans le mur. Quand on prononce des mots avec une voix grave dans ce trou le son est sensé résonner partout dans la pièce. On peut essayer? Bon pas très concluant en fait...

Hamelin de Guettelet, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

La salle suivante est un peu plus grande et possède un large trou dans lequel on a retrouvé la statuette d'une grosse femme endormie... certainement la déesse "Magna Mater" dont on avait vu les pieds dans le temple tout à l'heure. On appelle cette salle 'saint des saints' car elle est centrale dans l'édifice et servait visiblement au culte liturgique...



On ne peut pas accéder au dernier niveau qui se trouve sous nos pieds. En effet l'escalier qui y mène s'arrête à 2 mètres de hauteur, la salle étant initialement remplie d'une multitude d'os (jusqu'à 2 mètres donc). Là aussi les murs sont couverts de peinture rouge.


La salle suivante est appelée 'salle d'apparat': les murs sont entièrement sculptés pour imiter les murs droits d'un temple, avec sa forme arrondie et son toit à créneaux. Cette salle fut représentée sur les billets de banque maltais.

Hamelin de Guettelet, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

Voici la dernière salle de notre visite: la salle centrale avec sa multitude d'ouvertures faisant penser à un théâtre.
La sortie se fait via un escalier qui traverse la citerne d'immeuble à l'origine de la découverte des lieux, et qui était alors utilisée pour recueillir l'eau de pluie.



Ce fut une visite très instructive, certainement à ne pas manquer. 
De constater que finalement Malte a autre chose à offrir que des chevaliers et des plages... ce fut donc l'intermède archéologique de notre voyage!
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